Le cours ordinaire des choses
01 Comme un incendie
02 Falling in love again
03 M. maudit
04 Chanter est ma façon d’errer
05 Lady of Orcival
06 16h00 qu’est-ce que tu fais ?
07 Ginette Ramade
08 La mésange bleue
09 Comme un cowboy à l’âme fresh
10 La tige d’or
11 Taïga 
 

  

 

 

 

Comme un incendie

Inutile de me chercher

Parmi les morts

Inutile de m’adorer

L’âge de pierre

Au royaume

Où tout fabrique

Du faux

Âmes sombres

Jours funèbres

Que le cœur me paraît

Pauvre

 

Le cours ordinaire

Des choses

Me va

Comme un incendie

 

Je t’informe de ma présence

C’est un besoin d’infini

J’invoque ta substance

Dans ce purin d’idéaux

Où tout fabrique des sots

Par la chose immuable

Je n’ai plus confiance

En vous

 

Le cours ordinaire des choses me va

Comme un

Incendie

 

Tous les boucs

Sont enterrés

Tous les yaks

En moi

Tous les rêves se sont accumulés

 

Satan voilé

Est venu

Visiter l’exposition

Dents curieuses

Vierges utiles

Je mets ma tête dedans

 

Le cours ordinaire des choses me va

Comme un

Incendie

 

Ton mobilier

Ne change pas

Au terrible hiver où tu m’attends

Je ne désespère pas

De mourir sans compagnon

 

Le bras de dieu

Peu lavé

Vérifie l’identité

Des chevaux

Des voyants

 

Le cours ordinaire

Des choses

Me va

Comme un incendie

 

Tes raclées abondantes

M’auront fait

Ce fumier d’occident

Tes raclées abondantes

 

Taureau d’acier très valable

Vient nous défoncer les yeux

Gloire d’égouts

Enculade

Maladie de nos aïeux

 

Le cours ordinaire des choses me va

Comme un

Incendie

 

Dans la chambre obscure

Où tu m’allaites

Tel cerveau

Tel facteur

Au trou central

Sans mélange

Je remets ma démission

De la chose infernale

Comment faire une chanson

 

Le cours ordinaire des choses me va

Comme un

Incendie

 

Pitié pour les défunts

Est-il besoin de le dire

Horizons lointains

 

Courses à Paris

Tous disent

Bonjour grand cambriolé

A me neuve

Tournevis

Petit Dieu encoléré

 

Le cours ordinaire des choses me va

Comme un

Incendie

 

Falling in love again

Dans la longueur de toile

Où l’amour me prend

Dans l’infini d’étoiles

Où mon cœur descend

 

Dans le corset de mort

Où ta joie m’enflamme

à ton goulot d’amphore

S’épanche l’âme

 

Amour trop bel amour

Vagabonde

Qui pourrait nous chanter

A la ronde

Falling in love again

 

Dans la cour du château

Où je me réveille

Un jouvenceau sourit

Joue la demoiselle

 

Par la fonte des Dieux

De la grande vie

Je ne vois que le feu

 

Amour trop bel amour

Vagabonde

Qui pourrait nous chanter

A la ronde

Falling in love again

 

Ivres au point cardinal

En vierges insensées

Qu’avons-nous fait mon âme

Qu’aurons-nous chanté

 

Hymnes à jet continu

Crache le cœur

Vagabond éperdu

Vagabonde erreur

 

Amour trop bel amour

Vagabonde

Qui pourrait nous chanter

À la ronde

Falling in love again

 

Ami de cage

Avons-nous rêvé

Ami de cage

Inondée

A mi en nage

À nos tristes fougères

 

Falling in love again

 

 

M. maudit

M. maudit

plein de déchets

 

M. chéri

plein de baisers

 

M. maudit

plein de secrets

 

Hara kiri

comme un b.b.

 

M. groggy

plein de raclées

 

 

Chanter est ma façon d’errer

Chanter est façon d’être au monde

Chanter est ma façon d’aimer

Mon cœur est sorti de la ronde

Chanter est ma façon d’errer

 

Je suis au marécage interne

L’appartement où tout se noie

Chanter est façon d’être nu

Chanter est ma façon d’errer

 

Qui passe la frontière des dents

Déchets rougeâtres lumières bleues

Chaque mot chevalier errant

Tombe sans fin aux fonds poisseux

 

La chair s’ouvre avale l’air

D’un autre temps vit de déchets

De nostalgie en abandon

Inconsolables on a chanté

 

Aucun fauve ne reviendra

C’est un royaume de l’oubli

C’est une construction privée

Qu’on réserve aux dieux interdits

 

L’obscurité m’entoure Solange

Rien de nouveau Margot

Cher ange garde ton orange

Chanter est façon d’être en haut

 

Tout est féroce tout est ailleurs

Tout est royaume ensanglanté

Tout est terreur d’Empereur

Que chacun voudrait zigouiller

 

Allons à l’inimaginable

Où beauté cesse d’exister

Amour j’ai perdu ton image

Aimer est chercher ton reflet

 

Vivre caché dans un cylindre

À l’utérus qui m’a fait

Mon cœur imite les anciens

Chanter est ma façon d’errer

 

 

Lady of Orcival

Que sais-je encore

Tout assaille

Tout mord

Nous lèche

Et nous dévore

Pauvre Lady

 

Que dire de ça

Tout s’égoutte

Tout aboie

Tout se tient

A l’étroit

Pauvre Lady

 

Allure de sport

Sans futur

Sans remords

Se pavane le corps

En plein midi

 

Subir la loi

Tout casse sous ce poids

Amen

Alleluia

Pauvre Lady

 

Golden Lady

 

La faux lancée

Nous coupe les jarrets

Plus de chants

Plus de lait

Pauvre Lady

Parure d’or

Cimetière d’amphores

Tout casse

Et s’évapore

Pauvre Lady

 

Calmer le fer

A doucir la mer

Pleurer dans le désert

Pauvre Lady

 

Placer l’anneau

Dans l’axe du cerveau

Go go Johnny go

Pauvre Lady

 

Lady of Orcival

Virgin Mary

Lady of Orcival

Our lady

 

Blessed Virgins everywhere

Allelluia

Rising Christ everywhere

Alleluia

 

Seule en sa geôle

Celle que rien ne console

Doit me trouver frivole

Pauvre Lady

 

Calmer le fer

Adoucir la mer

Pleurer dans le désert

Pauvre Lady

 

Placer l’anneau

Dans l’axe du cerveau

Go go Johnny go

Pauvre Lady

 

 

16h00 qu’est-ce que tu fais ?

16h00 qu’est-ce que tu fais

16h00 oui tu me plais

16h00 dedans ton lit

Il est 16h00

 

16h00 c’est la tétée

16h00 à ton ourlet

16h00 vu d’en dessous

Il est 16h00

 

Come on

 

16h00 à travers l’huis

16h00 le monde n’a pas de prix

16h00 à l’eau du bain

Il est 16h00

 

16h00 la nuit passée

Tes yeux m’auront blessé

Je redeviens puceau

Il est 16h00

 

Come on

 

16h00 c’est ton loisir

Avoir du plaisir

16h00 qu’est-ce que tu fais

Il est 16h00

 

Come on

 

 

Ginette Ramade

Tous descendront des hautes montagnes

Quand l’amour sera oublié

Il n’y aura pas de quartier

Madame D.

 

Quand la truie du temps à gueule malade

Viendra vous lécher à minuit

Il n’y aura plus de chanson

Madame D.

 

Tous descendront des hautes montagnes

Aux entrailles les plus aimées

Il n’y aura plus de serment

Madame D.

 

Nue au fond du temps

Vous irez Madame

En salope des plus salées

Il n’y aura plus de tourment

Madame D.

 

Approchez vous tous héros de ces larmes

Au troisième coup de fusil

Au matin est morte

Ginette Ramade

Dite D.

 

 

La mésange bleue

Passent passent les semaines

Amours s’en vont

Amours s’en viennent

Passent les jours

Passent les saisons

Vont les nuits pleines de rêves

On ne voit rien on croit connaître

Filent nos joies

Nos épanchements

Tout est là se tient au soleil

Tout soudain s’enfuit tout s’élève

Quelque affaire nous tient le cœur

On n’aime plus d’amour

 

On prend son plaisir en forêt

Oiseau sauvage ou noisetier

L’inconnu nous tient de tous côtés

Hier tu riais aux larmes

Périr d’amour oui je t’accompagne

Que croire

Qui pourrait croire au progrès

Le brouillard sur le visage est froid

Comme un cristal se brise la joie

Tu me dis

Je pense à part moi

Je n’aime plus

 

On ne pense plus chanter

Le frisson froid nous a trouvés

Toujours on doute que faut-il payer

On s’amuse d’amours soudaines

Sous la mitraille amours sont vaines

La race humaine vient-elle des cieux

Alors on retourne en forêt

Tout est détruit tout est volé

La mésange arrive à sa fin

On n’aime plus d’amour

 

On s’abîme en rage folle

Incertitude tout affole

On change de fatigue au matin

On tue pour un anneau d’or

On empile un million de morts

On ne voit plus que peuples humiliés

Ne viendront jamais les renforts

Tous les compagnons sont morts

On part muré dans un grand silence

On n’aime plus d’amour

 

On vit en état d’ivresse

En petits points d’un S.O.S.

Ce hors d’haleine est sans fondement

On est touché près du cœur

Perdre la vie sainte douceur

Au loin la lune est enfin levée

Chacun devra souffrir la mort

Morne province morne Mont d’Or

Une dernière pluie vient nous murmurer

On n’aime plus d’amour

 

On perd tout entendement

On pleure comme pleurent les enfants

On sent que vient un dernier été

Janvier tend sa longue traîne

Sa blanche hermine sur ma peine

Janvier est à la vieille chanson

Viens mon vague à l’âme

Mon poisson-chat

Aurons-nous tant manqué de ça

La mésange arrive à sa fin

On n’aime plus d’amour

 

 

Comme un cowboy à l’âme fresh

Voilà l’apôtre du crime

Voilà l’oiseau du malheur

Voilà pourri par le style

Le gougnafier qui fait peur

 

Comme un cowboy à l’âme fresh

 

Voilà le bronze en cristal

La conquête du cheval

Voilà la bête cruciale

Ennuagée d’idéal

 

Comme un cowboy à l’âme fresh

 

Voilà nourri de racines

Le Buffalo anonyme

Voilà la plainte liquide

Du cavalier en exil

 

Comme un cowboy à l’âme fresh

 

Voilà ma pauvre chanson

L’occasion fait le larron

Au reposoir francisé

Reste que dalle à chanter

 

Comme un cowboy à l’âme fresh

 

 

La tige d’or

Qui m’a fait

Ce dogue entrevu

Dans tes pensées

 

Qui m’a fait cette chose

Giclante à ton gré

 

Qui par les rues

Souvent étroites

À ton lilas

Traversait tes silences

En simple soldat

 

Que fait cette tige

D’or dans ton glacier

 

Qui a fait ce fond

De ravin

Dans ma verdure

 

Quel ténébreux

Conduit bouleverse

Ma nature

 

Que sert d’aimer

Une entourée de pluie

Qui à chaque instant

Coupe une grappe de vie

 

Que fait cette tige

D’or dans ton glacier

 

Ta belle gueule

Me vient

À l’idée de

Chanter

 

Au fil des jours

Je ne suis plus

Ce que j’étais

 

Me regarder de près

Tout voir de loin

Je ne sens plus

La chair même

Entre mes mains

 

Que fait cette tige

D’or dans ton glacier

 

Ma mémoire te

Rumine

En buissons de lilas

Quelle agitation pour

Sortir de l’au-delà

 

Quand tout badine

Avec la mort

Dans tes jupons

Partout mon cœur va

Occupé de démons

 

Que fait cette tige

D’or dans ton glacier

 

Chaque jour va le cœur

Comme il se doit

Comment va l’amour

Comment va

 

Ma marquise en son sein

Comment va l’assassin

Au matin chers yeux

Toujours les chardons bleus

 

Cher amour comment va

Comment va

 

Qui te traverse

En grand silence

Qui va mourant

 

Qui à ton ventre blanc

Se fait tremblant

Qui sait te jurer

Amour

Ce qui est juste est bon

Qui dans la pluie

Du matin

Epelle ton nom

 

Cher amour comment va

Comment va

 

Vais-je en chose aimée

Dans ton cerveau

Qui pour t’arracher

A la terre

Au tombeau

 

Te courbes-tu encore

Les soirs d’été

Me trouves-tu

Toujours

Aussi peu

 

Que fait cette tige

d’or dans ton glacier

 

 

 

Taïga

 

Tombe neige

De l’au-delà

Couvre neige

Notre Taïga

Monte

Plainte

Du monde d’en bas

 

Qui veut entendre ça

 

Tout se fige

Passe un démon

Aube grise

Triste horizon

Tout se brise

À façon

 

Qui veut entendre ça

 

Aux jours de carême

Nous avons prié

Redonne-nous l’azur

Donne-nous le lait

Saint-Nom de Lumière

Ténèbres ici-bas

 

Qui veut entendre ça

 

S’embrase la mer

De tous côtés

Partout la vipère

Pour l’étrange espèce

Jamais assez

 

Qui veut entendre ça

Au troisième ciel

Sainte Taïga

Redonne-nous la sève

Donne-nous la joie

Saint-Nom de Lumière

Ténèbres ici-bas

 

Qui veut entendre ça

 

Va mon mille pattes

Au bout du manchon

Tête mille pattes

La vierge sans nom

Dis-nous forme lasse

Quel est son nom

 

Qui veut entendre ça

 

Au troisième ciel

Sainte Taïga