DOLORÈS

 

Fort Alamo

Dieu n'a pas trouvé mieux
Perce-Neige
Le train bleu
Margot
Brûle-moi
Le baiser
Le môme éternel
Saint-Amant
Aimer
A quoi tu rêves
Réversibilité

 

 

 

 

 

FORT ALAMO 

Qu'il est dur de défaire
J'en reste K.O.
Dans ta ville frontière
Sise au bord de l'eau

Abruti de lumière
Comme pris au lasso
Je me laisse défaire
De tous mes oripeaux

Tes gestes d'orfèvre
Ta vie de femelle
Je te jure que je m'en fous
Le plaisir vorace
Dans l'impasse et alors

De ma vie vulgaire
Dans l'armée de l'air
Je garde l'amour c'est tout
Plus rien n'est en place
Comme tout s'efface
Et alors je m'en fous

Voilà donc la disgrâce
Où sont les chevaux
Mon ami Pégase
Et la belle Ozo

Je n'ai plus de visage
Je reste caché
Caché dans ton ombre
Ton ombre portée

Je suis dans l'espace
Un temple de glace
Je n'aime plus rien du tout
Malgré les menaces
Comme tout me lasse
Je m'en fous

Si dans tes bontés internationales
Je ne vaux plus le coup
C'est l'adieu aux armes
L'oubli est en place et alors je m'en fous

Donnez-moi la lumière sur ce chant muet
Ce long chant de misère
Et de vanité
Comme tout est triste dans l'air
Oh ! tout est à côté
Ami voilà ma prière
Voilà mes péchés

Je suis dans l'espace un temple de glace
Je n'aime plus rien du tout

Je m'en fous, je m'en fous
Je vis dans la crasse je suis dégueulasse
Et alors…
Le chien de l'espace dans la glace
N'aboiera plus whoo whoo whoo


DIEU N'A PAS TROUVE MIEUX

Mieux que ta bouche
Mieux que tes lèvres
Tes omoplates tes yeux
Mieux que ton coude à ma fenêtre
Non, Dieu n'a pas trouvé mieux
Mieux que l'agneau que la belette
Ou que tes poignets gracieux
Que le sillage d'une herse
Non, Dieu n'a pas trouvé mieux

Mieux qu'une brume qui se lève
Mieux que le renard peureux
Mieux que le fruit mieux que son zeste
Que de passer aux aveux
Mieux que le goût de la noisette
Mieux que de rêver à deux
Que tes lettres à l'encre violette
Non, Dieu n'a pas trouvé mieux

Mieux que le moulin qui s'arrête
Qu'une brindille dans tes cheveux
Mieux que ton regard qui s'inquiète
Non, Dieu n'a pas trouvé mieux

Mieux que de trouver le sommeil
Que son paravent soyeux
Que le vertige en Mercedes
Dans la matrice des cieux
Mieux que le tison que l'araire
De l'imbécile heureux
Que toi pour me laisser en reste
Non, Dieu n'a pas trouvé mieux


PERCE-NEIGE

Ce jour, mon cœur se mit à saigner 

Comme le lapin de garenne, 

Qu'il vous fallut un jour égorger 

Pour sacrifier à la haine.

Court le renard, court la fiancée, 

Non, nous ne vivions pas un rêve. 

Même si les frimas épargnent les blés, 

Jamais ne cessera ma peine.

Notre troupeau devait donner du lait au goût
De réglisse et d'airelles. 

Quand ce souvenir vient m'attrister,
Je pense à vous perce-neige.

Alors de la Godivelle à Compains, 

On me jure que c'est sortilège. 

Que si Belzébuth habite mes reins,
Je peux dire adieu à perce-neige.

Peine perdue pour aimer mon prochain, 

Je ne suis plus que congère. 

Mon âme triste s'étire au loin
Comme s'étire au loin la jachère.

Rien n'est important, j'écris des chansons 

Comme on purgerait des vipères.

Au diable mes rêves de paysan,
Je ne veux plus que cesse la neige.

Si un jour béni qu'à dieu ne plaise 

Devait voir cesser nos misères, 

Votre assomption mon adorée
Nous aura plongés en enfer.

 


LE TRAIN BLEU

Mon cœur est grand comme un aéroport
Un grand cœur de putain de croque-mort
Le souffle court
Merde
Prêt à pleurer
J'ai un chagrin plus fort qu'une armée

Dans un train bleu je sommeille
Entre Lyon et Genève
Le cœur peuplé d'idées noires

Dans quel pays dans quelle principauté
Poseras-tu ton corps mon adorée
Dis ton cœur égrène-t-il comme à regret
Des jours de neige
Des noms d'arbres fruitiers

Je reconnais ton silence radio
Ce silence des reines et des bourreaux
Cœur infidèle
Toréador taureau
Trouve l'allure

Dans un train bleu je sommeille
Entre Lyon et Genève
Le cœur peuplé d'idées noires

Quand dans un vol d'oies sauvages
Sur les étangs s'élève
Mon cœur épris de voyages...


MARGOT

Pas de mots
Plus de mots de sensations
Rien de neuf
Plus de rêves à partager

Dans les coulisses où tu m'entraînes
Au secours oh ! Margot
Faut-il amour que je devienne...

Coude à coude
Plus très loin
Au final
Inédit

Ohé dame des fausses plaines
Au secours oh ! Margot
Faut-il amour que je devienne...

Chht chhht pas de bruit
Sur la mort de Jean-Louis
Presque rien
Sur ses vertus d'arlequin

Le givre brille à ma fenêtre
Tu es loin oh ! Margot
Amour, amour ma muette
Margot


BRÛLE-MOI

Ton babil de nourrisson
Et tes lèvres obstinées
Me font heureux avec toi
Prêt à faire n'importe quoi au fond

Dieu par quel effet papillon
Un cœur hérissé de tessons
Est fiévreux dans tes bras
Prêt à faire n'importe quoi au fond

Viens ma toute belle
Canoter c'est l'été
Nous aurons le ciel à partager
Il y a tant d'étoiles au ciel
Les nuits d'été

Du secours était attendu
Mais l'amour n'est jamais venu
L'amour supérieur ce nectar dont
Tu es bien la fleur

Ton cœur est doux comme une laine
Ignore-t-il donc tant la flemme
L'orgueil au couteau
Qui nous déchire le dos

Limonade ou thé glacé
Mon aimée
Déjà dans la plaine brûlent
Les bois les ronces et les genêts
Merde ! Brûle-moi
Reine des bois des ronces et des genêts
Brûle-moi

En avant joli poisson rouge
Dans ce pays où rien ne bouge
Où l'amour est ailleurs
Plus de nectar j'ai arraché la fleur

J'épelle le bonheur par métier a b c d
Princesse des bois des ronces et des genêts
Reine des bois des ronces et genêts
Brûle-moi


LE BAISER

Je voudrais de toi
De l'eau des vitamines
Un baiser

Avance
Viens mon dragueur de mines
Mon bébé

Nacrée ou lilas
Viens aiguiser sur moi
Ta beauté

Abandonne-toi
Éprouve au fond de toi
Le baiser

Ta bouche ventre nu
Ne durera que ce que dure
La gaieté

Apprends veux-tu
La boue et le diamant
De ton aimé

A quoi bon souffler
Sur des milliers de braises
Mouillées

Quand ne compte plus
Que la sciure poivrée
Du baiser

D'argile ou d'ébène
Pose tes menottes
A mes poignets

Viens me faire goûter
Le fruit...
A ta pluie sacrée

Je n'ai plus que toi
Et mes lèvres
Pour te toucher

Abandonne-toi
Éprouve au fond de toi
Le baiser

 


LE MÔME ÉTERNEL

Il faut changer de style
Changer de famille
Il faut faire une croix
Mais ça je ne sais pas

Mon âme aime à jouir
Loin du peloton
Mais je n'aime plus son rire
Ce bruit de bourdon

Tu ne crois pas si bien dire
Oui c'est comme au cinéma
Mais passer l'an deux mille
Non nous n'y tenons pas

Quel est ce grondement sourd
De rêve mourant
Bel ange des faillites
OK liquidons

As-tu croisé l'amour
As-tu eu vent de ça
Oui même dans l'amour
La camarde va

Haine pour ce faux frère
Qui porte mon nom
Si vivre est un métier
Alors je n'ai aucun don

Oui je passe des jours
Des jours assassins
Désolé amour
Sans toi je ne vaux plus rien

Pourquoi faut-il payer
En chagrin d'amour
Si le curieux boucher
Nous massacre tour à tour
Je veux revoir l'étoile bleue
Briller dans le ciel
Oh ! Pourquoi m'as tu fait Dieu
Ce môme éternel ?

 


SAINT-AMANT

Ego quel ego
Comme Lord Jim
Comme le Mikado
Oublie cette histoire
De tétines
Aime-moi
Une erreur quelle erreur
Miss Béguine
Allez au dodo
Prions Saint-Amant

Mille vaches
Vendeix-Haut
Oui comme en été
As-tu mis ta vigne vierge
Vierge vigne frangine
As-tu mis l'amour du bon côté
Tu auras oui belle mine
Dans la vie en rose
Que je te promets

Ah! Oh! Tu aimes
Les peintres flamands
Pauvre Arthur
Et la chimie et le mont Liban
Ah oui le mont Liban

Si je sais combien de centaines de milliers d'individus
Vont visiter ton mémorial de Caen ah non !
Vois comment Fangio s'est rangé des voitures
A Tamburello
Alors misère prions Saint-Amant

Prions Saint-Amant


AIMER

Il faut aimer
S'évader troubler la ronde
Choyer l'âme vagabonde
Qui sait montrer le chemin

Il faut aimer
Que le corps vive en ce monde
Vive heureux chaque seconde
Comme un amant ruisselant

Dis as-tu aimé chanter aime-moi
As-tu aimé que se referment ses bras
As-tu aimé poser ton cœur à l'intérieur
D'un être heureux

As-tu aimé t'enfuir loin parfois
As-tu aimé retrouver tes pas
Oui saurais-tu souffrir à l'intérieur
D'un être heureux

Il faut aimer
Prendre le train bleu des songes
Contourner la grande éponge
Eviter le malin

Il faut aimer
Attiser les feux de joie
Qu'allumera pour toi
Le stratège bienveillant

Dis as-tu aimé chanter aime-moi
As-tu aimé que se referment ses bras
As-tu aimé poser ton cœur à l'intérieur
D'un être heureux

As-tu aimé en morte-saison
Semer la graine fleur
Qui pousse au cœur
Des gens heureux

As-tu aimé
Plier ta nature féconde
Aimé que se trouble l'onde
Au plongeon du requin blanc

As-tu aimé
Nue sous les lambris du monde
La cariatide blonde
Le navire éperonné

Dis as-tu aimé chanter aime-moi
As-tu aimé...


A QUOI TU RÊVES

Dis à quoi tu rêves
Quand tu refermes les yeux
Suis-je bien le même
Suis-je ton amant heureux

Rêves-tu qu'il t'aime
A-t-il au moins les yeux bleus
Dis à quoi tu rêves
Tu peux mentir si tu veux

Sais-tu à quoi je pense
Non je pense que tu veux
En hélicoptère
Que je te dépose aux cieux

C'est notre manière on s'aime
En attendant d'être heureux
On pose le sept au septième ciel
Pour nous retenir tous deux

La question obsède tous les amoureux
Mais de qui suis-je amoureux
D'une hirondelle ou d'un hérisson vieux
Chantent tous les amoureux

Dis à quoi tu rêves
Quand tu refermes les yeux
Qu'en hélicoptère
Que je te dépose aux cieux

Au septième ciel
Pour nous retenir tous deux
Heureux

 


RÉVERSIBILITÉ

Texte de Charles Baudelaire

Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le cœur comme un papier, qu'on froisse ?
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse ?

Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
Les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel,
Quand la vengeance bat son infernal rappel,
Et de nos facultés se fait le capitaine ?
Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine ?

Ange plein de santé, connaissez-vous les fièvres,
Qui, le long des grands murs de l'hospice blafard,
Comme des exilés, s'en vont d'un pas traînard,
Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres ?
Ange plein de santé, connaissez-vous les fièvres ?

Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides,
Et la peur de vieillir, et ce hideux tourment
De lire la secrète horreur du dévouement
Dans des yeux où longtemps burent nos yeux avides ?
Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides ?

Ange plein de bonheur, de joie et de lumières,
David mourant aurait demandé la santé
Aux émanations de ton corps enchanté ;
Mais de toi je n'implore, ange, que des prières,

Ange plein de bonheur, de joie et de lumières !