Inédits Internet

Inédits offert par JLM sur son site entre 1998 et 2000

 

 

La femme à barbe

 

Noces funèbres

 

Tant va ma vie

(outtake Dolorès)

Chappaquidick

(outtake Dolorès)

 

Couleurs

(outtake Mustango)

 

Jour d'hiver

(démo pour Patricia Kaas)

 

Le bonheur n'est pas si fort que tu crois

(démo pour Jeanne Moreau)

 

L'empire du Nord

 

 

Le vent mauvais

(outtake Dolorès)

 

La vie des bleuets

(outtake Dolorès)

 

Tu ne m'aimes pas

(outtake Cheyenne Autumn)

 

Amour... oh non

(démo pour Jeanne Moreau)

 

Emotions tardives

(démo pour Jeanne Moreau)

 

Hélène aimée

(outtake Dolorès)

 

La dame aux camélias

 

 

La valse des adieux

(outtake Dolorès)

 

Le sang des taureaux

(démo pour Jeanne Moreau)

 

Londres

(démo pour Jeanne Moreau)

 

M'entendez-vous rire ?

(démo pour Jeanne Moreau)

 

Nos chansons d'amour

 

 

Que restera-t-il de moi ?

(outtake Dolorès)

 

Joyeux Noël

 

 

La fin du parcours (version Live 1993)

 

 

     
 

Inédits offert par JLM sur son site Myspace

 
     
     

Mille morts

(projet Boo9)

 

Joli mois de mai

(projet Boo9)

 

Avril

(projet Boo9)

 

Tout dépend du sniper

(projet Boo9)

 

Princesse évaporée

(projet Boo9)

 

Ruby

(projet Boo9)

 

Cabri c'est fini

(projet Boo9)

 

Aux plus beaux chevaux

(projet Boo9)

 

L'échine fauve de mes aïeux

(outtake Taormina)

 

La loi du sport

(outtake Trash Palace)

 

Au Léthé

(projet Boo9)

 

L'envie de vivre

(démo pour Françoise Hardy)

 

La prière du soir

(outtake Grand Lièvre)

 

Royal Cadet

(version alternative)

 

 

 

 

 

 

 

La femme à barbe

(texte de Maupassant)

 

Quand le vilain paillasse eut finit sa parade

J'entrais, je vis alors debout sur une estrade

Une fille très grande en de pompeux atours

Que des gouttes de suif tâchaient comme des larmes

Raide ainsi qu'un soldat qui présente les armes

Elle avait le nez fort et courbé des vautours

Elle était pourtant jeune, une barbe imposante

Lui couvrait le menton, noire, épaisse et luisante

 

L'étonnement me prit puis je voulus savoir

Je l'invitais d'abord à dîner pour le soir

Elle y vint elle était habillée en jeune homme

Un frisson singulier me courut sur la peau

La fille était fort laide et cet homme assez beau

Moi je m'assis en face un peu timide et comme

Si j'allais me livrer à quelques accouplements

Monstrueux, je sentis me venir par moments

 

Regardant cette fille aux formes masculines

Un besoin tout nouveau de choses libertines

Des curiosités de plaisirs que l'on tait

Et des frissons de femme à l'approche du mâle

J'avais la gorge aride et mon cœur palpitait

Je me vis dans la glace et me trouvais très pâle

Ses malsaines ardeurs me troublaient malgré moi

Elle but comme un homme et se grisa de même

 

Et puis jetant ses bras à mon cou, "Viens je t'aime !

Mon gros chéri", dit-elle, allons-nous en chez toi

A peine fûmes-nous arrivé dans ma chambre

Elle ouvrit ma culotte et caressa mon membre

Puis se déshabilla très vite et deux boutons 

D'une chair noire et sèche indiquaient ses tétons 

Elle était jeune, maigre, efflanquée et très haute

Sa carcasse montrait les creux de chaque côte

 

Pas de seins, pas de ventre, un homme avec un trou

Quand j'aperçus cela, je me dressais debout

Puis elle m'étreignit sur sa poitrine nue

Elle me terrassa d'une force inconnue

Me jeta sur le dos d'un mouvement brutal

M'enfourcha tout à coup comme on fait d'un cheval

Dans un vagin sec elle inséra ma pine

Sa grande barbe noire ombrageait sa poitrine

 

Son masque grimaçait d'une étrange façon

Et je crus que j'étais baisé par un garçon

Rapide, l'œil brillant, acharnée et féroce

Elle allait, elle allait me secouant très fort

Elle m'inocula sa jouissance atroce

Qui me crispas les os comme un spasme de mort

Et puis tordue avec des bonds d'épileptique

Sur ma bouche colla sa gueule de sapeur

 

D'où je sentis venir une chaude vapeur

De genièvre mêlée au parfum d'une chique

Pâmée, elle frottait sa barbe sur mon cou

Puis soudain redressant sa grande échine maigre

Elle se releva disant d'une voix aigre

"Nom de dieu que je viens de tirer un bon coup !"

 

 

 

 

Noces funèbres

(Texte de Calaferte)

 

Te vouloir c'est parler une langue étrangère          
Sauvegarder un temps qui n'eut plus de saisons                
Toutes clartés s'annulent à ton itinéraire           
Tu fais aimer l'angoisse obscure des prisons             
        
Absinthe du poison silène sexuel               
Ce que nous partageons à la force du sang                   
Il se pleure entre nous des morts perpétuelles                     
Je suis né à ce jour de ton avortement                      
              
Nous sommes les premiers de notre dynastie                  
Pèlerins, émigrants qu'une soif a r'éteint              
Je t'ai longuement bu mon vin d'apoplexie                      
Tant que notre repos s'est changé en coma                
                  
Les jours n'ont plus de noms les temps n'ont plus d'âges                      
Il se fait un oublie fripé de parchemin                       
Ailleurs qu'en se pays qui dicte mon langage             
Je me perds au détour du moindre des chemins            
                 
Quand nous nous retrouvons c'est l'ambre des ténèbres                    
La drogue maléfique et les incantations                     
Nous accordons nos corps pour un Gloria funèbre                 
Cadavres nouveaux-nés de la crucifixion                        
                     
Captive dans le cahot de la loge ovarienne         
Je déchire des dents ton ventre tournesol          
Je pressent des fureurs d'apocalypse ancienne           
Le vertige assommant d'un criminel alcool                 
                    
Je te veux blême morte ouverte à ma torture              
Rapace déployé sur le vide des nuits                   
Te clouer de mon sexe à cette flétrissure                
Qui reste comme un œil trop longtemps éblouit              
                    
Me polluer de toi t'aimer est mon blasphème                        
Me livrer consentant sans arme dépouillé                 
Arborer tes couleurs me rallier à l'emblème                        
Livide du linceul de nos lits endeuillés                   
Je t'investis du feu des foules qui s'égorgent                  
Je porte la terreur des écartèlement                    
Le râle incandescent que j'arrache à ta gorge            
A le mortel écho religieux des pleins champs            

Mon reniement de tout mon tourment nécessaire
Je t'approche en tremblant aveugle de la foi
Je te découvre en moins saint autel adultère
Soumis à la torpeur de mon désarrois

Anémone mathématique
D'un océan alambiqué
Chiffre du labyrinthe antique
De l'hippocampe compliqué

Sanctuaire ou clarté lustrale
Crevasse cramoisie de sang
J'entre nu dans la cathédrale
Du vide surpeuplé des temps

A pleine lèvres démentielles

Tant va ma vie

Tant va ma vie dans le vent

Dans le bonheur qui appelle et qui vient

Que de désir dans le sang

Oh pour ce rien

 

Comme un enfant prend duvet

Près du tombeau à romances

Sens-tu le vent si léger

Oh si léger

 

Dans ce pays de grand tourment

Le temps m'aura paru bien long

Comme les remords aiment ici faire et refaire

Le tour de l'amour, le tour de la misère

 

Tout est fini, tout est bleu

Tout est parti sur la route

Plus rien n'éteindra le feu

Oh, le grand feu

 

Tant va la vie des amants

Par les chemins, les rivières

Où le bonheur attend

Oh, nous attend

 

N'écoute plus dans le vent

La folle plainte des amants

Recherche la même lumière

Dans le même bleu, sur une même terre

 

Tout est fini

Sur ce chantier où la peine a levé

Comme lève le vent de l'ennui

Oh, de l'ennui

 

Pris dans le rêve profond

Qui nous étrangle de haine et de jeux

Nous les gandins à frissons

Bons à rien au fond

 

Chappaquidick

A chacun sa vile manière de faire des chansons

C'est une affaire de bagout, de bourdon

De la même stricte peine qu'on attendrit dans les boucheries

A grands coups de serpillière, à coup de torchon

La méthode charcutière a du bon

Allez, allez, envoie la chanson

 

Oh mon ruban de mémoire se défait

Il n'y a plus une seule chose, rien ne sait

Tout est à refaire pour moi, retourner sous le parapet

A Chappaquidick

 

Et pourquoi pas de mouchoirs dans le même ton

Nous sommes en haute couture non de non

Plongés dans la même histoire, encagés par Faraday

Viens, tu me grimpes cul nu, la chanson

Dans ton joli pré carré d'abandon 

Que je me laisse glisser, aspirer vers le parapet

 

Dans le même divinoir, à quoi bon

Revenir à Marilyne, à Jason

Si le mauvais temps nous mène, loin de l'Hellespont

A Chappaquidick

 

Tu me diras responsable à foison

Je te répondrai coupable que non

Pourquoi être aussi avare, aigrefin dans un même con

Tout est affaire de chair, affaire de don

On ne prive pas de fer forgeron

Si on finit tous un jour une nuit comme un Kennedy

 

Alors pourquoi me refaire Audubon

Va tu connais ma nature pour de bon

Et puis à chacun son tour au thé-dansant 

Moi, scoumoune aidant

Ce fut Chappaquidick

 

 

Couleurs 

Oui, je jure au monde amour pour ce qu'il nous fait

Quand il baigne chaque jour dans son rouge anglais

Nous avons le même rêve

Terre d'ombre au naturel, traces de violet

 

Émeraude en permanence, voilà le désir

Qui nous prend dans l'avalanche, veux nous voir jouir

Sens-tu venir le vertige

Quand se mêle le blanc de chine au noir de fumée

 

Ocre jaune est la poussière où le soir descend

Au loin brûle la terre de sienne en feuilles de sang

Nuages gris dans le ciel

Quels signes surnaturels ce monde nous fait

 

Creuse et marche dans la paille, vue sur l'outre-mer 

En lambeaux dans chaque larme, ton vert Véronèse 

Enfin vue sur l'autre rive

Et ton sourire à la manière dont ce monde est fait 

 

Oui, je jure au monde amour pour ce qu'il nous fait

Détrempé en ondes pourpres sur tous les chantiers

J'aime comme tes pluies me tiennent

Enfoncé dans l'édifice de ton grand secret

 

 

 

Jour d'hiver

Verte

Verte est la mer

Ce jour d'hiver

Où je me retrouve à présent

Comme une pierre

Dans le désert

 

Rouge

Rouge est le sang

De mon amant

Gonfle chaque veine

Quand je m'abandonne

A mon amant

 

Mais vient toujours le temps de faire l'amour

Comme si l'amour n'existait pas

Je sais je chante bien des chansons d'amour

Même si l'amour n'est jamais là

Des provinces et des faubourgs

Tu dis que des hommes rêvent de moi

Et toi tu te dérobes à l'amour

Tu dis que les rêves n'existent pas

 

Noire

Dans la nuit noire

Je forme l'espoir d'une tempête

Qui emporterait ma vie

 

Mais vient toujours le temps de faire l'amour

Comme si l'amour n'existait pas

Je sais je chante bien des chansons d'amour

Même si l'amour n'est jamais là

Des provinces et des faubourgs

Tu dis que des hommes rêvent de moi

Mais toi tu te dérobes à l'amour

Tu dis que les rêves n'existent pas

 

 

Le bonheur n'est pas si fort que tu crois

Du bonheur du jour, je t'écris amour

Que je ne veux pas m'éloigner de toi

Et que le bonheur n'est pas si fort que tu crois

Non que le bonheur n'est pas si fort que tu crois

 

Je construis ma vie sur le sable gris

Que charrie le chant sombre de ta voix

Et que mon bonheur n'est pas si fort que tu crois

Non que mon bonheur n'est pas si fort que tu crois

 

D'un bonheur perdu

Moi je n'ai pas d'autre horizon que toi

Et  le bonheur n'est pas si fort que tu crois

Oh le bonheur n'est pas si fort que tu crois

 

Cesse de nommer amant meurtrier

Tes instants heureux malheur silencieux

Parce que le bonheur n'est pas si fort que tu crois

Non ton bonheur n'est pas si fort que tu crois

 

Je connais tes ravissements, tes contentements

Comme le plaisir est dieu dans ton corps amoureux

Eh le bonheur n'est pas si fort que tu crois

Prends-garde le bonheur n'est pas si fort que tu crois

 

 

L'empire du nord

Eh Kate on a rendez-vous à l'aéroport

Vois j'ai mis tes bas, tes gants, pris tes bijoux ton or

J'ai voulu qu'on m'aime puis j'ai détesté ceux qui m'aiment

Je vis dans l'empire du nord

 

Eh Kate revoilà la neige remet-moi en jeu

Oh Kate seule ton odeur m'entête, je suis amoureux

Vois, j'ai voulu qu'on m'aime puis j'ai détesté ceux qui m'aiment

Je vis dans l'empire du nord

 

Face aux nerfs, face aux dents de ton désir innocent

Des loups veillent menaçants

Allons dis-moi qui tu défends

Couchée ventre nu entre leurs pattes tendues

Pris d'une lointaine manie dont je n'ai jamais rien compris

Le monde n'est qu'un long couloir de glace et de sang

Un pays de neige éternelle et de vent

 

Vois, l'eau s'écoule à peine des glaciers fiévreux

Au nord, Kate, fille saine d'une sève bleue

Amour cruel, ah non de dieu

J'ai voulu qu'on m'aime puis j'ai détesté ceux qui m'aiment

Je vis dans l'empire du nord

 

 

Le vent mauvais

Connais-tu le vent mauvais

A la tête, à la tête

Connais-tu le vent mauvais

A la tête je connais

Quand le cœur saigne pour rien

Dans son habit d'arlequin

Dis, connais-tu le vent mauvais

 

Et quand vient le mauvais sort

A la tête, à la tête

Oui, quand vient le mauvais sort

A la tête connais-tu

Quand le corps tremble pour rien

Pour une odeur de jasmin

Dis, connais-tu le vent mauvais

 

Et quand vient le vent de mort

A la tête, à la tête

Oui, quand vient le vent de mort

A la tête connais-tu

Le puant, le corps, les chiens

Les arrimages lointains

Dis, connais-tu le vent mauvais

 

Dis quand l'amour est venu

A la tête, à la tête

Oui, quand l'amour est venu

A la tête as-tu vu

Le tremblant, l'abîme épais

L'abondant en fruits gâtés

Oh, connais-tu le vent mauvais

 

 

La vie des bleuets

Sépare le bon grain de l'ivraie

Arrache ton chagrin au passé

Oublie ta nature de chat

Descend penche-toi sur moi

Regarde-moi

Fuyons dans la vie des bleuets

Volons papillon adoré

Ma vie ce chiffon de satin

Ma vie sans toi ne vaut plus rien

 

Je t'aime ne parlons plus de ça

La peine est éternelle, tu me l'as dit cent fois

Je t'aime ne parlons plus de ça

Je ne veux pas rêver sans toi

 

Je viens à la vie des bleuets

Volons papillon adoré

Ma vie ce chiffon de satin

Ma vie sans toi ne vaut plus rien

 

 

Tu ne m'aimes pas

J'ai trouvé sur ta peau dans ce désert humain

Une parure d'oiseau pour mon chagrin

Amour, mon bel amour quand le cœur est étranger

Qu'est ce sentiment si lourd, être aimé ?

 

Si tu ne m'aimes pas

Je sais que tu ne m'aimes pas

 

Durer, tu veux durer plus loin que le plaisir

Aimer sans regret à te souvenir

Des fastes de l'ennui aux rigueurs de la mort

Tu déclines l'envie saoulée d'efforts

 

Mais tu ne m'aimes pas

Je sais que tu ne m'aimes pas

 

 

Amour... oh ! non

Amour... oh ! non

Faut pas vendre son âme sans raison

Amour... oh ! non

Y'a pas de sainteté par le poison

Aspergé de miel, tu attends le printemps

Tu veux être un poète allemand

Pour en quelques voyelles, redevenir amant

 

Amour... oh ! non

Tu n'aimes plus ta nature de taurillon

Amour... oh ! non

T'aimes te foutre en l'air les jours de l'an

Aspergé de miel, tu attends le printemps

Tu veux être un poète allemand

Pour en quelques voyelles, redevenir amant

 

Amour... oh ! non

 

 

Emotions tardives

Emotions tardives, caprice du cœur

Emotions tardives, où est mon erreur ?

Emotions tardives, mon meilleur esprit

Emotions tardives

 

Emotions tardives, nous sommes en mai

Emotions tardives, mois du bien aimé

Emotions tardives, pour le roi de cœur

Emotions tardives

 

Autour de la piste,

Vois comme se meurt l'accordéoniste et le moissonneur

Ton cœur endurci, comme un diamant,

Supportera t-il tout ce qui l'attend...

 

D'émotion tardive, que veux tu de moi,

Emotions tardives, je ne voudrais pas,

Emotions tardives, ô meilleur amant

Emotions tardives

 

J'ai le cœur si triste en pensant à toi

Je n'ai pas le cœur à aimer ton chant

J'ai le cœur si triste sous un ciel en feu

Et l'âme engloutie sous les cendres bleues...

 

De tes émotions tardives on dit que tu mens

Emotions tardives, montre-moi tes dents

Emotions tardives, viens je n'ai plus peur?

Emotions tardives, émotions tardives...

 

 

Hélène aimée

Je suis ta statue de sel, le corps entier

Dans la crasse dans la déveine, le corps entier

 

J'ai voulu dans la rivière te jeter

Sais-tu cela mon Hélène, oui te jeter

 

Je n'suis plus ton papillon hydroporté

Ton chasseur de sensations dénaturées

 

Non nous ne vivions pas un rêve ça je le crois

Sais-tu cela mon Hélène, non sûrement pas

 

Suis-je assez orang-outang, sans alphabet

Que donzelle et éléphant aime tuer.

 

Nous boirons à la même fontaine ça je le crois

Sais-tu cela mon Hélène, non sûrement pas

 

Hé hé, Hélène aimée

 

 

La dame aux camélias

Vue sur la passion tyrannique

Sur le lit des fées de Marguerite

Armand, dans le noir

Fou de désespoir, fou de désespoir

 

Comme un camélia sous le givre

Comme un feu s'éteint le goût de vivre

Dans ce brouhaha,

Créé par Dumas, aimé de Dumas

 

D'amour tragique Armand vacille

Seul dans son chagrin ce soir fondu au noir

 

Envie de plaisir Marguerite

Loin de Bougival, jalousie

Solitude et mort

Dans l'âme et le corps, dans l'âme et le corps

 

Comme un sang gâté se retire

En cabriolet de nos vies

Mort le camélia,

Le romantique émoi, le romantique émoi

 

D'amour tragique Armand vacille

Seul dans son chagrin ce soir fondu au noir

 

La valse des adieux

Nous danserons une dernière fois
Maudit amour la valse triste des lilas
Puis rassasiés de nos corps ennemis
Nous irons nous fondre dans l’oubli

Nous resterons toujours interdits
Devant les routes capricieuses de nos vies
Les alizés t’auront guidée vers moi
Quand l’heure des adieux sonnera
Oh ! à l’heure des adieux

 

S’il faut servir de bétail aux dieux
Autant choisir la paille humide des adieux
Les figues fraîches le rhum de Cuba
Le jour où la peine nous gagnera

Nous resterons toujours interdits
Devant les routes capricieuses de nos vies
Les alizés t’auront guidée vers moi
Quand l’heure des adieux sonnera
Oh ! à l’heure des adieux

 

Le sang des taureaux

 

Marche l'apprivoisée

Manière d'une once

Souriante sur l'onde

Marche l'apprivoisée

 

Songe le cœur léger

Que glisse comme une ombre

Sur les lèvres du monde

Son corps apprivoisé

 

Et rêve, le bien-aimé

A des entrailles émues

Par le même rêve

Le bien-aimé

 

Marche les nuits de mai

Quand les lilas

Envahissent le monde

Le corps apprivoisé

 

Va comme une once

Sur les lèvres du monde

Le corps apprivoisé

 

Rêve, le bien-aimé

A des entrailles émues

Par le même rêve

Le bien-aimé

 

Pensée sauvages, dompte venin   

Impatience, mouron des oiseaux

Digitale, myosotis, verge d'or, épervière commune

 

Rêve, le bien-aimé

A des entrailles émues

Par le même rêve

Le bien-aimé

 

Quand le péché blanc comme neige

Glisse sur les lèvres de celui qui s'endort

Je ne prends pas plaisir au sang

Du taureau, des brebis et des boucs

 

Quand on est amoureux…

 

 


Londres

 

Toujours vous entraînera le goéland

Le cœur en peine, vers Ouessant  

Toujours vous entraînera la mémoire

Vers l'inconnu, un astre noir

Vous aurez le même rêve, un cerf-volant

Fort sous la neige, fort sous le vent

Puis un attelage, un traîneau

Passera savez-vous toujours

Plus près, plus près de votre peau

 

Vous serez Prince de Clèves rue Corvisart

Sous un regard

Vous jureriez qu'ils extraient la moelle de nos os

Comme le font direz-vous les busards, les corbeaux

 

Et nuit et jour s'égrainera le raisin noir

Vous serez la tête à migraine, la tête de lard

Vers l'infini souvent se perdra votre regard

Fini enterré Zanzibar

Viendront Adam et Ève

Pour l'amour, ici

Nous verrons comme l'âme saigne comme le crin luit

Un phare tournera sans heurt

Toujours plus près plus près de votre cœur

 

Il y aura de l'hydromel, des confettis

Quelques miliciennes  

Il y aura un nom sur le licou sur mon cœur

Et toujours vous entraînera le goéland

Vous serez capitaine vers Ouessant

 

 

 

M'entendez-vous rire ?

Amour marchand

Ruiné, bel amour arrogant

Tué, amour de sang

Du mâle amour de mon enfance

M'entendez- vous

Amour m'entendez-vous

Ce jour m'entendez-vous

Amour m'entendez-vous rire

 

Amour gagné

Non, mes plaisirs partagés

Au fond, bel étranger

Fuyons le fou qui ose dire que le bonheur est un don

M'entendez- vous

Amour m'entendez-vous

Ce jour m'entendez-vous

Amour m'entendez-vous rire

 

Âme énervée

Non qu'un chacun sait comme neige

Fond, … noblesse

Allons et refusons ce corps qui sanglote âprement

M'entendez-vous

Amour m'entendez-vous

Ce jour m'entendez-vous

Amour m'entendez- vous rire

 

Jeanne chantais

Pour vous qui restiez comme cœur

Sourd,  oyez ! cruel

Amant, Jeanne porte votre anneau d'oreille étincelant

M'entendez- vous

Amour m'entendez-vous

Ce jour m'entendez-vous

Amour m'entendez-vous rire

 

 

 

Nos chansons d'amour

 

Je ne veux, je ne veux pas

Me résoudre au chagrin

Je ne sais, je ne sais pas

De quoi sera fait demain

Dans nos vies, seuls contre le temps

Le bonheur n'attend pas

 

Je voudrais te chanter l'amour

Tout mon amour

 

Malgré l'or et les diamants

Il n'y a rien à regretter

Le plaisir comme autrefois

N'est qu'un rêve à oublier

Dans nos vies, seuls contre le temps

Le bonheur n'attend pas

 

Je voudrais te chanter l'amour

Tout mon amour

 

Seul, dans le bleu du ciel

Mû par l'âme éternelle

Je chante que le bonheur s'éprenne

Et passe son anneau d'or

A nos chansons d'amour

 

Pour le bleu du ciel

Pour l'âme éternelle

Je chante

 

 

 

Que restera-t-il de moi ?

 

Dis, que restera-t-il de moi ?

Il ne restera rien

 

Dis, que te restera-t-il de moi ?

Il ne restera rien

 

Dis, qu'en restera-t-il de moi

Il ne restera rien

 

JOYEUX NOËL

 

Joyeux Noël au Passy

Joyeux Noël aux "Chaouans", à bibi

Joyeux Noël aux petits

Joyeux Noël à tutti

 

Joyeux Noël au brenoï

Joyeux Noël au "passonio pense à vous"

Joyeux Noël aux chéris

Joyeux Noël à ceux qui aiment bibi

(bibi, c'est moi)

 

Joyeux Noël aux chéris

Joyeux Noël à ceux qu'aiment pas bibi

 

 

 

LA FIN DU PARCOURS (VERSION LIVE 1993) 

assis sur un banc j'attends un mirage
l'impossible voyage

et le tourment me rattrape
me détraque

le grand vent m'attaque
je sens la beauté m'échapper
comme rongé je me sens esquinté

et j'aime errer dans le noir

sans espoir
je suis les orages

pour être foudroyé sans impact
et j'ai le corps soudain assassin
comme compact perdu pour l'attaque
et quelque chose m'échappe

mes réflexes se détraquent
alors, contraint je vomis

toujours plus loin de la vie
mais j'ai autant de désir

qu'un vampire, qu'un yack

moi j'ai le désir intact
et mon allure s'appauvrit

elle se singe à l'envie
et mon cœur s'affale

dans le très banal
et l'amplitude s'oublie

entre les instants de vie
alors moi, je trouve normal

d'avoir toujours plus mal

et mes muscles se lassent

je sens que mon sourire se fane
et que ma peau au contact

moins vite se rétracte
et le goût se trahit

le goût me trahit

et mes passions je les chaparde

dans le très banal

je sens que le fossé grandit

entre tous mes instants de vie

et à la jeunesse j'envie

l'irruption brutale de son désir animal
alors mon corps me trahit

je sens que cheveux et dents deviennent soucis
alors par instants, moi je trouve normal

d'avoir dans le cœur une balle

d'avoir dans le cœur une balle

et dans mes chansons tout est dit

je sais que deux ou trois m'ont suffit
alors, c'est mon dernier bal
bonsoir et bye bye...

 

adieu ami...

dans mes chansons j'ai tout dit

deux ou trois m'ont suffit

disons que c'est mon dernier bal

alors bonsoir ami

adieu, bye bye

adieu, bye bye

c'est la fin du parcours

 

assis sur un banc on attends

un mirage
l'impossible voyage

et le tourment nous rattrape
nous détraque

alors le grand vent nous attaque
et on sent la beauté

la beauté nous échapper

et par instants on envie

à la jeunesse on envie

l'irruption brutale

de son désir animal

oh ! quand le fossé grandit

quand le fossé grandit

ah ! le fossé...

c'est la fin du parcours...


dans les chansons tout est dit

trois ou quatre ont suffit
c'était mon dernier bal
bonsoir ami et bye bye...

c'est la fin...

 

 

 

 

Mille Morts

 

Mille morts, mille viennent

Mille corps à trouver

Mille âmes citoyennes

Mille rêves à percer

 

Mille morts, mille viennent

Mille plaines à mouiller

Fêlures souveraines

Mille soupirs où couler

 

Mille pentes de neige pour mille nudités

Mille manteaux de neige où glisser

Mille lambeaux de terre en mille vérités

Petits lambeaux de terre où crever

 

Mille lignes, mille vers

Mille larmes ont coulé

Trois mille anniversaires

Tout à recommencer

 

Mille morts, mille viennent

Mille guerres à gagner

Mille poignées de terre

Mille tombes à creuser

 

Aux mille chants troublés qui me font mille vies

Je me dois de garder l'appétit

Aux mille canevas qui me font mille vies

Je me dois de combattre l'oubli

 

Mille énigmes mises au sel

Mille nuits chamarrées

Mille livre de celles

Mille histoires à cacher

 

Mille carillonnages,

Mille chats, mille étés

Mille regards de glace,

Mille regards à charmer

 

Mille morts, mille viennent

Dans un soleil couchant

Mille abeilles, mille rires d'enfants

Par mille chants troublés qui me font mille vies

Je me dois de garder l'appétit

 

 

joli moiS de mai

 

Joli, joli mois de mai...

 

L'amour nous rend belles,

Belles à désirer

L'amour ensorcelle quand revient le mois de mai

 

L'amour dit "je t'aime"

Sans fâcher les cœurs

L'amour naturel revient cueillir la fleur

 

Roulent sous sa langue

Les bijoux indiscrets

Et je à jure l'amour d'être toujours son sujet

 

Résonnent les chants

Chantent les journées

Je jure à l'amour, je jure de toujours aimer

 

Joli, joli mois de mai...

 

Courir l'aiguillon

Courir la beauté

Joie dans sa nature nous combe de qualité

 

Cœur reste toi même

Dans les sentiments

C'est l'instinct cruel qui fait la joie des amants

 

Mourir de plaisir

Sans s'en excuser

L'amour nous rend belles, l'amour est un faux danger

 

Paradis de joie

Sans dire ni penser

Sans plus de tourment femme fait ce qu'il te plait

 

Joli, joli mois de mai...

 

 

 

AVRIL 

 

Mon estuaire d’avril au vent mauvais

Viennent la houle et ses baisers

Mon estuaire d’avril le jour est long

Qui nous sépare de la mousson

 

Verrais-je au bourg dauphin de saison

Quand vient  l’eau douce à vos tétons

Ma gorgerette d’eau, mon doux baiser

Tous à la mer en vérité

 

Dans mes transports de très longue durée

Toujours vers vous je viens rêver

Mon estuaire d’avril, mon adorée,

Mon turlupin, mon épousée

 

Que ta large ouverture paraît sans fond

Toujours à cru sur mon bourdon

Allons dans ce mortier comme un pilon

Quand vient le temps de la mousson

 

Vous qui faites merveille

En m’agitant comme un jouet

Dedans le vent

Tout nous mène au caractère folichon

Tout nous masturbe les tétons

 

Connaissez-vous si gente chérubine

Aussi habile, aussi câline ?

Vous qui allez fringuer près de Cournon

Pauvres amis, au bonheur des cons

 

Non il n’y a pas d’égale beauté

Mon estuaire, mon adorée,

Au bord du cimetière, ébranle-moi

Mon estuaire, je suis à toi

 

Quand l’artilleur de Thiers en garnison

Rêve de fesses et de toison

Sachez bien qu’il ira en vérité

Au bord de mer pour vous baiser

 

 

 

 

TOUT DEPEND DU SNIPER 

 

J'ai un problème instinctif

Ma nature fait le risque

Nom de Dieu tout vacille

Nous dit l'observateur

Tantôt bleu, tantôt gris

Tout dépend du sniper

 

En volaille à petit feu

Va ma caille sans tes yeux

Nom de Dieu Taormine

Nous crie l'observateur

Tantôt bleu, tantôt gris

Tout dépend du sniper

 

Brenoï, Jean-Louis gratiné

Partiellement enfumé

Nom de Dieu tout vacille

Te dit l'observateur

Tantôt bleu, tantôt gris

Tout dépend du sniper

 

Hey ! femelle, chtique nana

Que dit l'ange de tout ça ?

Une jument, quelle jument

Nous dit l'observateur

Tantôt bleu, tantôt gris

Tout dépend du sniper

 

 

 

 

PRINCESSE EVAPOREE

 

Ami de cage

Ami des bois

Ami des anges

Je pense à toi

Ami de l'âme

Du Paradis

Ami en nage

Ami d'ici

Ami de l'espèce rêvée

Ami de la princesse évaporée

 

Ami des pleurs

De l'insensé

Ami du teuf

L'heure a sonné

Ami d'ivresse

Des chants légers

De l'herbe verte

Ami pressé

Ami de l'espèce passée

Ami de la neige soufflée

 

Tu marches ou tu rêves incidemment

Tu parles et te pèles finalement

Tout nous crève dans ce taudis

Tu barres ou tu rêves incidemment

Tout part à la pelle évidemment

Tout nous crève dans ce taudis

 

Ami de tête

Suons l'été

Ami des bêtes

De la couvée

Ami de givre

Du sein percé

De la jonquille

Ami saigné

Ami de l'espèce rêvée

Ami de la princesse évaporée

 

Passe la rivière

Ami meurtri

Rendons le fiel

Ami maudit

Ami qui monte

Reprends ce corps

La queue au ciel

Dis, ami tu dors

Ami de l'espèce passée

Ami de la princesse évaporée

 

Tu lèches ou tu pêches incidemment

Tu charmes ou tu pestes finalement

Tout nous crève dans ce taudis

 

 

 

RUBY

 

Un parapluie gonflé de vent et de mort

Tout dit, tel est le sort

Au toboggan depuis disparaît le corps

Tout dit, tel est le sort

 

Ruby en assassinée

Ruby où est la beauté

 

Gorgé de vie baiser la bête qui dort

Tout dit, tel est le sort

Ivre au volant d'une voiture de sport

Tout dit, tel est le sort

 

Ruby en assassinée

Ruby où est la beauté

 

Tout est pourri dans cette région des morts

Tout dit, tel est le sort

Le froid redouble tout nous éloigne du bord

Tout dit, tel est le sort

 

Ruby en assassinée

Ruby où est la beauté

 

Un parapluie gonflé de vent et de mort

Tout dit, tel est le sort

Souffle le vent, va la voiture de sport

Tout dit, tel est le sort

 

Ruby en assassinée

Ruby où est la beauté

 

 

 

CABRI C'EST FINI

 

Mars en ce poème sous son manteau de neige

Vient étouffer la peine de Cabri

Mars en ce château vient recouvrir de mots

De masque et de chapeau le Cabri

 

Fracas de ridelles, collision d'échelles

Cabri, c'est fini

L'âme grâce lasse

Tout se cadenasse

 

Mars au calepin a noté "peur de rien"

Vit de foutre et de vin le Cabri

Monter de groseilles vers la tour de Babel

Chacun se fait la belle en Cabri

 

Cabriolet verse dans la brume épaisse

Cabri, c'est fini

Un seaux de champagne aux cadors d'Espagne

 

Bitte d'amarrage, engin de levage

Tout allait à l'usage, le Cabri

Pile de nuages, forfait de pillage

Tout était usage pour Cabri

 

Sombre violettre enfile ta jupette

Cabri, c'est fini

Fronton d'algues vertes, résonnez trompettes

 

 

 

AUX PLUS BEAUX CHEVAUX

 

Viens mon tendre

Viens m'entendre

Viens chanter là-haut

Impatiente

A me tendre

Demain sera beau

 

Viens mon cœur

Viens danseur

Aux plus beaux chevaux

Plus de larmes

Plus de drame

Demain sera beau

 

En hommage

Aux mois sage

A la vérité

Cœur sauvage

Cœur courage

J'aime te chanter

 

En hommage

Au naufrage

Oh, à la vérité

Cœur sauvage

Cœur naufrage

J'aime te chanter

 

Quand tout saigne

Quand tout peine

Quand viennent mille mots

Cœur fidèle

Chante au ciel

Demain sera beau

 

Fille blonde

Fille ronde

Fille rouge sang

Long hiver

Solitaire

Viens, demain sera beau

 

En hommage

Aux mois sage

Oh, à la vérité

Cœur sauvage

Cœur naufrage

J'aime te chanter

 

En hommage

Au naufrage

Oh, à la vérité

Cœur sauvage

Cœur naufrage

J'aime te chanter

  

Viens mon rêve

Va la sève

Caresse la peau

Tout en lèvres

Tout en miel

Viens, demain sera beau

 

Ame grise

Ame triste

Si loin du troupeau

Ma poussière

Ma bergère

Viens, demain sera beau

 

Cœur fidèle

Eternel

Oh, fais fi des tombeaux

Nuit de miel

Mon abeille

Demain sera beau

 

En hommage

Au naufrage

Oh, à la vérité

Cœur sauvage

Cœur naufrage

J'aime te chanter

 

 

L'ECHINE FAUVE DE MES AÏEUX

 

Toc toc toc toc toc

Veux-tu partager ?

Cette poire d'angoisse

Venue au verger

L'appétit de vivre

L'appétit d'aimer

Tant les formes ivres

M'ont apprivoisé

 

Toc toc toc toc toc

Par ma frénésie

Je ne vois ni neige

Ni glace, ni pluie

Je me désespère

En toutes saisons

Peu de fois me laisse

A la déraison

 

Car c'est ton désir qui

Me mène en ces lieux

Près de l'échine fauve

De mes aïeux

C'est ton désir

C'est ton corps

Belle ondine

De ma mort

Ce long désir

Qui vient tout emporter

  

Toc toc toc toc toc

Ma viande ordinaire

Toc toc toc toc toc

Encombre mes vers

Je suis un barbare

Ebloui des cieux

Qui devant Sanadoire

Fait son malheureux

 

Brutal animal

Las, faible inutile

Noyant père et mère

Souhaitant le terrible

Priant le plus rien

Nu jusque aux pieds

Dis dans quelle rivière

Veux-tu te noyer ?

 

Car c'est ton désir qui

Me mène en ces lieux

Près de l'épée rouge

De mes aïeux

C'est ton désir

C'est ton corps

Belle ondine

De ma mort

Ce long désir

Qui vient tout emporter

 

Tout dire de soi-même

Triste en souriant

Chercher le soleil

D'un effort violent

Perdu en parole

Qui chante ondoyant

Dis, quant est-il de vivre

De vivre en mourant ?

 

Dans ces temps de deuil

Tout va vainement

Rien dessous la fleur

Nul bonheur attend

Tous au cœur d'un nœud

D'illisibles lois

Que de sacrifices

A l'entour de soi

 

Flotte vagabonde

Va ma passion

Col de Diane

Sans protection

N'ai plus d'espérance

Me voilà occis

Regrettant la France

Par plaisanterie

 

Car c'est ton désir qui

Me mène en ces lieux

Près de l'échine fauve

De mes aïeux

C'est ton désir

C'est ton corps

Belle ondine

De ma mort

Ce long désir

Qui vient tout emporter

 

 

 

LA LOI DU SPORT

 

Elle m'a pris quelques cailloux

De la farine et du saindoux

De la paille, une clef de 12

Quelques grenades, un vibraphone

 

Elle m'a aussi pris de l'ail

Et mon costume de samouraï

Exit Nabuchodonosor

Je vais t' rap'ler la loi du sport

Du ping-pong…

 

Elle m'a r'pris de l'aspirine

Puis un ouvrage pour cinéphile

Quelqu'longueurs en toile de jute

Mon effigie d'Didier Deschamps

 

Qui s'souvient si Mitterand

Nous a jamais vus champions du monde

Je vais t' rap'ler la loi du sport

Du ping-pong…

 

Elle me prit dans l'estafette

Y'a rien à dire, c'est une défaite

Tiens une touche sur Rochechoire

Juste égratigné

 

M'a aussi pris de l'ail

Et mon costume de samouraï

Exit Nabuchodonosor

Je vais t' rap'ler la loi du sport

Du ping-pong…

 

Elle m'a pris quelques cailloux

De la farine et du saindoux

De la paille, une clef de 12

Quelques grenades, un vibraphone

 

Elle m'a aussi pris de l'ail

Et mon costume de samouraï

Excite Nabuchodonosor

Je vais t' rap'ler la loi du sport

Du ping-pong…

 

 

 

AU LETHE

 

Certains te disent Aretha

D'autres te disent Angela

Certains prédisent Golgotha

Moi mon âme est prise par Magdella

 

Certains te disent ton lama

D'autres te disent cinéma

Certains prédisent dieux mayas

Moi mon âme est prise par Magdella

 

De Loth filles, cœurs choyés

Tout finira au Léthé

 

Certains te disent Elysée

D'autres prédisent Dorothée

Certains prédisent dieux mayas

Mon nom se dissout, finira

 

Certains te disent Aretha

D'autres te disent Angela

Certains prédisent nirvana

Moi mon âme est prise par Magdella

 

De Loth filles, cœurs choyés

Tout finira au Léthé

 

 

 

L'envie de vivre

 

Le goût de vivre

Eteint ses braises au matin

L'amour du Christ

N'augure rien de bien

L'envie de vivre

Planté en plein dans l'étain

En souvenirs

Vous laisse dans le lointain

L'envie de vivre

Ouverte à l'au-delà

Est un narcisse

Est un narcisse qui bat

 

En caban noir

Une rose noire à la main

Seule au miroir

L'envie de vivre revient

Dieu mes syllabes

Ont quelque chose aux poumons

Ce cul-de-sac

Est-ce mon imagination

En fumée noire

Un même feu nous attend

Entre nos vies

Que tout reste incandescent

 

Tiens je suis morte

Dans un blanc d'hiver parfait

Mon cœur s'enroule

Dans un papier argenté

Ma silhouette

D'une faux et à la main

Murmure hardi

M'indique mille chemin

En corps noyé

Qui attend sur un rayon

En buste blanc

Je t'adresse ma chanson

 

En craie de noir

En craie de noir en forêt

En fumée noire

En fumée je t'attendrai                     

 

Autre prairie

Lumière bleue du chagrin

Jamais allé

Dans un courant d'air marin

Passe un soupir

En corne rouge au matin

Passe un soupir

Sa rose noire à la main

Au fond de mer

Où brillent mille couteaux

Dans l'univers

Je ne vois rien de nouveau

 

L'odeur morte

Qui vient de toute beauté

L'odeur morte

Vient jusqu'au cœur se glisser

Dormir un siècle

En millions de vérité

Dormir un siècle

En craie de noir en forêt

 

En craie de noir

En craie de noir en forêt

En fumée noire

En fumée je t'attendrai

 

Le goût de vivre

Pays tombé dans l'oubli

En fumée noire

En fumée je t'attendrai

 

En craie de noir

En craie de noir en forêt

En fumée noire

En fumée je t'attendrai

 

 

La prière du soir

 

Tant de fois en fusion

A la prière du soir

En blancheur de peau

J’attendais ton retour

J’ouvrais avec les doigts

J’attendais un baiser

 

Luisante de désir

En tapis de fourrure

En odeurs animales

Dans ce cercle privé

Car sexe et sentiment

Sont tout fibre nerveuse

Quand au fond du cerveau

Désir dépasse amour

 

Les âmes amoureuses

Qui promettent des lèvres

Comme d’aller en mer

Moite dans ce désir

Les jambes autour du cou

Aux vagues intérieures


Comme un fruit défendu

Dans la partie centrale

On rêve que tout est

Le plus profond possible

A l’arme du plaisir

Démenant son bassin

Servante viens me traire

 

De fer ou de diamant

Dans cet essaim brûlant

Quelle chaleur excessive

Quel rouge écarlate

Satisfaire les lèvres

En science du plaisir

Sur l’étendue de neige

 

Je lui montre comment

Vient faire la jument

Au contour des hanches

Au milieu des épines

« Donne-moi le baiser

Il suffit de vouloir » dit-elle

Raffinons la passion


Sur l’autel fleuri

La bouche reste juste

Sans faute dans l’abîme

Tout est de réconfort

Comme une funambule

Jument tient l’étalon

Comme cet ennui lointain

Demande pratique

 

Elle allait Rive Gauche

Enfilée en public

Elle me lavait la tête

Ma conscience se vide

En bassin élevé

Anémone de mer

Dans ce fleuve d’extase

Je suis le chat


Vers la chose facile, ange,

Le diable dira

Vous ne m’avez pas eu,

Je ne me souviens de rien

Quelle pourpre

Quel soleil démontre notre amour 

Quelle transfusion de cœur

 

La partie la plus basse

Donne la solution

Contre un manteau de flammes

Petite tête dressée

Reste encore mon âme

Respiration dorée

Comme être en train de faire

Peut résoudre un problème

 

 

Royal CADET

 

Où allez-vous désirs ? Où montez-vous le soir ?
Dans quelle limousine voulez vous nous asseoir ? 
De quel triple galop voulez vous m’enivrez ?
Dans quel marigot voulez vous nous jeter ?

 

Je tremble pour ma vie, je mouille mes chaussons
Pourtant peu d’ennemi, pourtant peu d’illusion
Je sens venir la pluie, ce soir n’existe pas 
Un rêve ronge nos vies, a-t-on idée de ça ?

 

La femme de ma vie rajuste son tricot
A tous elle sourit et je me sens de trop
Elle enjambe ma vie, elle me laisse entrevoir
Cacher moi ce cambouis toujours vouloir, vouloir…

 

Se brise un parapluie, je crois gorgé de miel
On bascule ahuri vers le septième ciel
On trouve un ciel triste où un monsieur à chapeau
Nous dit «Ah non, mes chers touristes, ici vous seriez de trop !»

 

On retourne à la niche, me caresser la queue

Et oui ma chère Edwige, nous sommes fait de peu
Quelques grammes de suie, une longueur de soie
C’en est fait d’une vie, des boules, oui c’est ça 

 

Où est donc le hochet qui amusait nos vies ?

Nos jours ne sont jamais à hauteur de nos nuits
Le jour projette l’ombre de ce qu’on a rêvé
«Ah non, mes chers touristes… ici, pas d’étranger !»

 

Alors sur un saphir je tombe en gouttes d’eau
En mille éclats j’expire, j’éclabousse ta peau

Je cherche une chanson, chantonne Madeleine
Quelle est cette prison, j’ai oublié la peine

 

Je monte sur un pont, je plonge rassuré
Je n'aimais pas mon nom et je n'ai jamais su aimer

La carapace d'or qui protège ma vie
Serait-elle un trésor ? Ce soir je la trouve hors de prix

 

Nous allons dans le noir perdu sur l’océan 

Pour finir au hasard dévorés par des chiens
Garçon deux grenadines, nous descendons l'Escaut
L’horloge me déprime, hé ! où sont mes chevaux ?

 

Je monte sur un pont, je plonge rassuré

Je n'aimais pas mon nom et je n'ai jamais su aimer
La carapace d'or qui protège ma vie
Serait-elle un trésor ? Ce soir je la trouve hors de prix