01

FRENCH LYNX

02

FRANKIE

03

TARN ET GARONNE

04

LA PHARMACIENNE D'YVETOT

05

LE CHANT DU COUCOU

06

INTERROGE LA JUMENT

07

TOUS MOURUS

08

LA CHANSON DU CAVALIER

09

NUIT SUR L'HIMALAYA

10

MORITURI

11

LE CAFARD

 

 

 

FRENCH LYNX

 

Vite tu penses une chose
Tu penses son contraire
Tu passes ton temps à faire
Encore plus à défaire
Tu sens comme tout de toi
Ne prend plus la lumière
Tu sens comme tout de toi
Glisse sans fin vers la rivière
Dans la vie d’ici

Tu rumines au sextant
Tu te crois indigène
Mais tout est éboulis
File chanter dans la plaine
Tous sont encore esclaves
Tout est vain et cruel
Au temps que tout emporte
Rien ne tient le contre-courant
Dans la vie d’ici

Est-ce que tu connais ton french ?
Est-ce que tu connais le lynx ?


En cobra tricéphale
Sous les caresses bleues
Tu cherches Ventadour
Au cours des promenades
Tu vois la langue douce
Briser ce qui est beau
Je crois qu’il ne nous reste
Que la peau sur les os
Dans la vie d’ici

Le cœur est le cerveau
Petit talus de Lorraine
Corolle de lumière
Giroflée des moraines
Ventricule du cœur
Qui crache dans l’artère
Ma petite marmotte
Ne va pas t’engourdir tout l’hiver
Dans la vie d’ici

Est-ce que tu connais ton french ?
Est-ce que tu connais le lynx ?

 


FRANKIE

 

Que n'aurais-je pas fait

Pour Frankie

 

An 827

Dans la rivière de Casta-Ushi

J'ai parlé à la bête

Que n'aurais-je pas fait

Pour Frankie

 

An 1163

L'ordure leva le pont-levis

Mon cœur est mort de froid

Que n'aurais-je pas fait

Pour Frankie

 

J'ai suivi la femelle

En forêt de Bavière, à minuit

Je lui ai bouffé la cervelle

Que n'aurais-je pas fait

Pour Frankie

 

An 118

Abeille sur les monts des neiges m'a souri

Mon espérance est vaine

Que n'aurais-je pas fait

Pour Frankie

 

Les gars de mon espèce

Ne trouvent jamais de logis

J'ai dû porter la peste

Que n'aurais-je pas fait

Pour Frankie

 

Te souviens-tu ma belle

Quand le dernier bateau est parti

J'ai regardé le ciel

Que n'aurais-je pas fait

Pour Frankie

 

 


TARN ET GARONNE

 

Un incendie couve

En chacun de nous

À la porte de fer

 

Un satin pâle

Flotte en chacun de nous

Derrière l'écuyère

 

Quand Émilie

Vient me voir

Elle quitte sa Tour Eiffel

Quand Émilie

Vient me voir

Dans le Tarn et Garonne

 

Un homme vague

Rôde en chacun de nous

Au bord de la mer

 

Le temps passé

Fuit en chacun de nous

En chambres d'hôtel

 

Quand Émilie

Vient me voir

Elle quitte sa Tour Eiffel

Quand Émilie

Vient me voir

Dans le Tarn et Garonne

 

Un souterrain

Plonge en chacun de nous

Rejoint le mystère

 

Le fruit doré

Coule en chacun de nous

Sur la voie offerte

 

Quand Émilie

Vient me voir

Elle quitte sa Tour Eiffel

Quand Émilie

Vient me voir

Dans le Tarn et Garonne

 

 

LA PHARMACIENNE D'YVETOT

 

C'est quoi cette Corée du Nord

Ce Bengladesh, ces Açores

Sont-ce bien là

Raisons ma mie

Pour chialer dans la cuisine

 

Danemark serait-il en feu

Charlanne, déjà la grippe bleue

Sont-ce bien là

Raisons ma mie

Pour chialer dans la cuisine

 

Dieu quelle averse, quelle nuit

Sur la balustrade à Tahiti

Sur le fermage à Monaco

Ai-je raté le derby d'Epsom

Ma rentrée au Concert Mayol

Sont-ce bien là

Raisons ma mie

Pour chialer dans la cuisine

 

Voilà l'église du silence

Dois-je y passer de mort violente

Mais dites-moi enfin ma mie

Pourquoi dans la cuisine

 

Encore une affaire à Dantzig

Aux Dardanelles, à Mayerling

Attends le prochain Sarajevo

Pour chialer dans la cuisine

 

Lotus en sa sphère mentale

Se pense tigresse du Bengale

Ou pharmacienne à Yvetot

Si tu retournes à Arkhangelsk

Moi je me casse sous Périclès

Sont-ce bien là

Raisons ma mie

Pour chialer dans la cuisine

 

Pleine gouttière à Cordoba

Le feu ravage ta toundra

Voilà bien

Des raisons ma mie

Pour chialer dans la cuisine

 

Fleur d'abricotier, tout t'ennuie

Ta vie heureuse, ses orgies

La pharmacie à Yvetot

Après Cheyenne, il y a Capone

Ne compte plus sur l'US Airborne

Voilà bien

Des raisons ma mie

Pour chialer dans la cuisine

 

 


LE CHANT DU COUCOU

 

Le vent chaud soufflait d'Espagne

Sur les toits, sur les coteaux

Grand vent mènera la pluie

Se rassurait le roseau

Je marchais vers les bruyères

Au loin guettait le taureau

Cornes prises dans la lumière

 

Je marchais dans la montagne

En ce joli mois de mai

Le vent chaud, un vent d'Espagne

Me ramenait le passé

 

Je prenais vers Fontsalade

Pour tremper mes mains dans l'eau

Mille myosotis bavards

Soupiraient "Dieu qu'il fait chaud"

Je montais par la clairière

Au belvédère des mouflons

Je foulais d'un pas moderne

Le chiendent et le mouron

Un coucou en haut d'un hêtre

Reprit sa drôle de chanson

Vas-tu te taire, sale bête

Tais-toi, tais-toi

 

J'attendais la nuit venue

Près du lac j'attendais

Puis j'allais me baigner nu

Dans l'eau noire des regrets

L'air embaumait quelle fièvre

Au loin guettait le taureau

Cornes prises dans les ténèbres

 

Ma nature reste fidèle

À ce que j'aimais un jour

Et moi nature

Je reste fidèle

À ton amour

 


INTERROGE LA JUMENT

 

Sur la terrasse, sous les cimes

À l'heure où le festin se termine

Sur la terrasse, sous les cimes

Satan est heureux

Il a régalé ses convives

 

Sur la terrasse, sous les cimes

Où règne le diable à sa machine

Sur la terrasse, sous les cimes

Mais qu'attends le ciel pour nous foudroyer

Ces novices

 

Mon dieu, que tu es méchant

Quel malheur pour les enfants

Non tu manques de jugement

Interroge la jument

 

Sur la terrasse, sous les cimes

Après la bidoche et le sublime

Sur la terrasse, sous les cimes

Satan est heureux

Il a une nouvelle famille

 

Sur la terrasse, sous les cimes

Où le tout moderne s'agglutine

Sur la terrasse, sous les cimes

Satan est heureux

Il ouvre une nouvelle usine

 

Mon dieu, que tu es méchant

Quel malheur pour les enfants

Non tu manques de jugement

Interroge la jument

 

Sur la terrasse, sous les cimes

Où tout est bien pesé on t'assassine

Sur la terrasse, sous les cimes

N'y a-t-il plus de ciel pour nous foudroyer

Ces novices

 

Mon dieu, que tu es méchant

Quel malheur pour les enfants

Non tu manques de jugement

Interroge la jument

 

 


TOUS MOURUS

 

Le boucher s'est pendu

À ce qu'on dit

Hier au coin de la rue, derrière la mairie

La crémière n'a rien vu, c'est bien triste tout ça

V'là que le boucher est mouru

Qu'est-ce qui nous a fait ça ?

 

Le paysan s'est noyé

À ce qu'on dit

Dans le purin qu'il devrait épandre aux Veillis

L'homme tuera l'homme comme dit le gars de Bagnols

V'là que paysan est mouru

Qu'est-ce qui nous a fait ça ?

 

Le garde chasse s'est pendu

Vers Chambourguet

On l'a retrouvé nu bien amoché

Ça va pas là-dessus mais quel temps de malade

V'là que le garde chasse est mouru

Qu'est-ce qui nous a fait ça ?

 

Le curé s'est mordu

Curieux hasard

Le buraliste est cocu mais ça n'a rien à voir

Pour le boucher on ne sait pas, dieu quel abattoir

V'là que le curé est mouru

Qu'est-ce qui nous a fait ça ?

 

La boulange est foutue

Ça ne tient pas

Les braves gens ne viennent plus, on ne sait pas pourquoi

J'irai voir la mer, voir les Pyrénées

V'là que la boulange est foutue

Qu'est-ce qui nous a fait ça ?

 

 


LA CHANSON DU CAVALIER

 

Je ne retrouve pas la fin

De la chanson du cavalier

Non plus que narcisse et jasmin

Mon cœur a oublié

 

Tout m'afflige par ce chagrin

Sans nouvelles de ma bien aimée

Il y avait narcisse et jasmin

Son cœur m'a oublié

 

Car je vis

Pour les plus hautes amours

Et je chante

À la plus haute des tours

Oui mais sans ton amour

Que pourrais-je chanter ?

 

N'y aurait-il pas de fin

À la chanson du cavalier

Il y avait narcisse et jasmin

Quand tout a commencé

 

Je vois une mêlée d'indiens

Sous un grand ciel délavé

Embaument narcisse est jasmin

Au vallon détrempé

 

Car je vis

Pour les plus hautes amours

Et je chante

À la plus haute des tours

Oui mais sans ton amour

Que pourrais-je chanter ?

 

Me suis-je perdu en chemin

Où sont marguerites des prés

Où poussent narcisse et jasmin

Ton cœur m'a oublié

 

Le crime n'est plus incertain

Sur les traces du cavalier

Sans plus de narcisse et jasmin

Que pourrais-je chanter

 

Car je vis

Pour les plus hautes amours

Et je chante

À la plus haute des tours

Oui mais sans ton amour

Que pourrais-je chanter ?

 


NUIT SUR L'HIMALAYA

 

Comment va l'amour

Comment va le temps

La chose à rebours

Comment les enfants

Comment va le jour

Comment vont les gens

 

Comment va la chose

Vers le ruisselet

Toujours le désir

À longue portée

Comment va le rêve

Vers le ruisselet

 

Je rentre du peuple

Je n'ai rien trouvé

Je ne saurais plus

Dans cette mer nagé

 

Comment vont la lyre

Et le tambourin

Farder le langage

Oui l'épervier vient

Comment va le ventre

Comment le tétin

 

Toujours nous voilà

Le pire du troupeau

Toute chose étouffe

Le murmure des flots

 

Walking in the coal mine

 

Tu reviens du ciel

Qu'aurais-tu appris

Qui veut nous ravir

L'éternelle envie

 

Comment va l'amour

L'honneur et la vie

Les cuisses d'amour

Par l'amour saisies

Comment va le cœur

Comment va l'envie

 

Comment va la nuit

Sur l'Himalaya

Porte sur l'esprit

Comment la vie va

Toujours des travaux

Dans cette maison

 

Quelque gloire de France

Sert de risée

Chacun dans ce monde

Est un prisonnier

 

Nous tenons nos chefs

Au mépris complet

Malgré les caresses

Fermes et répétées

Tout est d'impuissance

Et de fausseté

 

L'esprit religieux

Vient d'un monde faux

Comment va l'amour

Comment va la peau

 

Walking in the coal mine

 

Tu reviens du ciel

Qu'aurais-tu appris

Qui veut nous ravir

L'éternelle envie

 


MORITURI

 

Ça fait des semaines

Que la chose traîne

Tradilalila

Ne fais pas comme ça

Tu ne m'aimes pas

Non ne le dis pas

 

Cesser de sourire

La manie est prise

Tradilalila

Ça ne me va pas

Si la chose te va

Non ne le dis pas

 

Y a-t-il encore du monde sur le quai

Qu'est-ce que tous ces gens aiment regarder

Y a-t-il encore des morts sur le pont

Mais qu'y a-t-il encore

 

Un monsieur arrive

Pose sa valise

Tradilalila

Quel regard il a

Une seule chose lui va

Non ne le dis pas

 

Bientôt l'aube est prise

Nue sous la remise

On fait ça comme ça

Tradilalila

Pour éclaircir ma voix

Non ne le dis pas

 

Y a-t-il encore du monde sur le quai

Il n'y a plus personne le sang a séché

Y a-t-il encore pauvre cœur à moi

Mais qu'y a-t-il encore

 

Que dis-tu courage

Marre de ce voyage

Tradilalila

Plions ça fissa

Comme tu y vas

Non ne le dis pas

 

Roule encore une nuit

Roule sur la mélodie

Tradilalila

Jusqu'à l'infini

L'amour est parti

C'est toi qui l'as dit

 

Appelle Cathy j'ai rien à manger

Appelle Cathy elle seule peut m'aider

Appelle Cathy

Appelle pour moi

Appelle Cathy

 

 


LE CAFARD

 

J'ai eu le cafard
C'est quoi le cafard ?
Difficile à dire
C'est comme un buvard
Qui te boit la joie
Te prépare au pire
C'est un animal
Qui fait un carnage
Chez les colibris
En Haute-Savoie
Face caméra
Coupez

 

Jardin négligé
J'ai quitté Angers
J'ai préféré fuir
Sans fin le brouillard
Les pensées amères
Venaient me séduire
J'ai eu le cafard
Tête musicale
N'a pas su tenir
Pente de l’Etna
Face caméra
Coupez

 

Saignant jour et nuit
J'ai quitté Roissy
Pour sauver ma vie

Par quelques neurones
J'aspirais des hommes
À cheveux violets
J'avais de guingois
Mon regard d'un noir
Regard meurtrier
En Haute-Savoie
Face caméra
Coupez
 

Enfant lamentable
Sève de malade
Jamais de progrès
Routes élevées
Idée d'infini
En être drogué
J'ai eu le cafard
Soupirer les choses
Mais sans les changer
Pente de l’Etna
Face caméra
Coupez

 

J'ai eu le cafard

La chose sacrée

Ne m'est pas destinée

Ma tête de sang

Qu'on jette au panier

Des guillotinés

J'ai eu le cafard

Mais sans rien changer

En Haute-Savoie
Face caméra
Coupez

 

Courage viril
Où en es-tu donc
De tes âneries
Suaire flottant
Pris dans les buissons
Que fais-tu, ami ?
Amour de ma vie
Reprends le bébé
Étouffe ses cris
En Haute-Savoie
Face caméra
Coupez

 

J'ai eu le cafard
C'te beauté fatale
Pour les gens paumés
Sa bottine noire
En quelque manière
Ma tête écrasait
Je suis en Bretagne
Je reprends haleine
À la dérobée
Île de Bréhat
Face caméra
Coupez
Île de Bréhat
Coupez
Face caméra
Coupez