Participations et inédits divers

 

 

Compilation amour foot 98 Achille à Mexico
Compilation Comme un seul homme Le coup de Jarnac
Compilation Un Printemps 90 Prière pour M...
CD inédit FNAC pou la sortie de Vénus En amour
Duo avec Mylène Farmer Regrets
?? Cavalier seul
?? Cuit
BOF J'ai pas sommeil de Caire Denis J'ai pas sommeil
BOF Rouge de Kieslowski L'amour au premier regard
Compilation Route Manset 96 Entrez dans le rêve
Compilation I'm your fan 91 Avalanche IV
CD Télérama édition limité Cartier Bresson
Inédit vidéo Murat en plein air J'ai un coeur trop laid
Inédit Poison - Pré-version de Vénus C'est pour le bonheur
Compilation Contresens 91 Tomber sous le charme
Compilation Les Inrockuptibles 97 Insensible
Hommage à Joe Dassin "L'équipe à Jojo" Marie-Jeanne
Interprété par Sylvie Vartan Il pense à son corps
Interprété par Julien Clerc Le verrou
CD inédit FNAC pour la sortie de Vénus Mon frère d'Angleterre

Album concept Position de Trash Palace

(projet de Dimitri Tikovoï)

Maculée conception
Interprété par Indochine Un singe en hiver
Interprété par Julien Clerc Quand femme rêve
Interprété par Michel Delpech C'est Paris
Album Dignity pour Reporters sans frontières Ophélia
En duo avec Holden (hors commerce) La belle vie
Compil C'rock FM Ceux qui cachent ce qu'ils n'ont pas
Interprété par Chris Stills Kitty Cathy
Le train de l'espoir Saïdia
En duo avec Holden sur l'album Chevrotine L'orage
Interprété par Isabelle Boulay  Dieu des amours
Inédit Album Tristan La prière
Inédit Album Tristan Au précieux monde sans nom

 

 

 

 

J'ai pas sommeil

 

oyez, braves gens
l'histoire de ce temps
où sur la machine ronde
s'amusait Satan
où sur la machine ronde...

le bouc à qui nul ne résiste,
la somme de vos colères,
dansait sur les charbons ardents
sans se brûler les chairs

oh l'âme désire le mal
au fond des entrailles
où l'orgueil et la paresse
aiment mener le bal

chez ce fils de nos entrailles
objet de tous nos vœux
que la crainte de l'éternel
vous incline le cœur

comme le lièvre blessé
effraya le lion
les campagnes ont résonné
de mille hurlements

et la bouche remplie de graviers
de grâce trompeuse
tous prièrent oh verge de fer
transperce lui le cœur

oh ce fils de nos entrailles
objet de tous nos vœux
que la crainte de l'éternel
nous incline le cœur

et la voix de Dieu s'éleva
putois, étalon,
il n'y a pas de mauvaise graine
dans les germes du temps

et si rien n'est pur dans vos chairs
infecte, purulent
que la bête représentative
vous arrache ce gémissement

oh fils de nos entrailles
objet de tous nos vœux
que la crainte de l'éternel
vous incline le cœur



L'amour au premier regard

 

ils pensent tous deux
qu'un sentiment subit les a unis
belle est cette certitude
plus belle encore l'incertitude
ils croient que ne se connaissant pas
rien n'a jamais eu lieu entre eux
mais ces rues ces escaliers ces couloirs
où depuis longtemps ils ont pu se croiser

j'aimerais leur demander
s'ils n'ont pas souvenir
peut-être dans une porte tournante
ou un jour face à face
quelque part non dans la foule
au téléphone mais c'est une erreur
mais je sais leur réponse
non ils ne s'en souviennent pas

mais tout commencement
n'est qu'une suite

depuis si longtemps déjà
le hasard a joué avec eux
pas tout à fait prêt
à se changer en destin
qui les rapproche les éloigne
leur coupe la route
et étouffant un rire
se sauve un peu plus loin

il y a eu des signes
indéchiffrables qu'importe
il y a trois ans peut-être
ou bien mardi dernier
cette feuille qui a volée
d'une épaule à l'autre
un objet perdu ramassé
qui sait peut-être un ballon déjà
perdu dans les fourrés de l'enfance

mais tout commencement
n'est qu'une suite
le livre du destin toujours ouvert

il y a eu des poignées
des sonnettes où sur la trace d'une main
une autre s'imprimera
des valises côte à côte à la consigne
et peut être une nuit un même rêve
dès le réveil au matin effacé

mais tout commencement
n'est qu'une suite
le livre du destin toujours ouvert
au milieu

 

 

Achille à Mexico

 

Le genre humain, tous les oiseaux

Dans le ciel blanc de Mexico

Tout devenait si personnel entre eux et nous

C'est l'unité, il faut me croire

C'est l'unité, il faut me croire

C'est l'unité

 

Le royaume de Danemark est pourri

Et le tendon d'Achille droit de...

Tiens salut Steph' salut Pierre-marie

Non je ne crois plus à ma vie d'artiste

Mais s'il gagne ce soir on verra

A la fête de la musique... on verra

 

(..)
attention à muller
non on ne passe pas non amoros
les petits sachets d'eau sur le terrain
et zico qui s'échauffe
et la petite balle la petite balle
rebondit sur le terrain

attention
(...) non carecos patasse  muller (??)
maxime

(drucker)
 

 

Le genre humain, tous les oiseaux

Dans le ciel blanc de Mexico

Tout devenait si personnel entre eux et nous

Solennité, il faut me croire

Solennité, il faut me croire

 

 

Entrez dans le rêve

(texte de Gérard Manset)

 

ramenez le drap sur vos yeux 
entrez dans le rêve 
reprendre la vie des autres 
où on l'a laissée 
quand le jour s'achève 
voir les couleurs voir les formes 
enfin marcher pendant 
que les autres dorment 
voir les couleurs voir les formes 
les villes sont des villes 
bordées de nuit 
et peuplées d'animaux 
qui marchent sans bruit 
toujours dans votre dos 
la peur vous suit 
toujours dans votre dos 

ramenez le drap sur vos yeux 
entrez dans le rêve 
allumez l'écran merveilleux 
quand le jour s'achève 
retrouver l'amour blessé 
au fond du tiroir où on l'avait laissé 
retrouver l'amour blessé 
découper le monde à coups de rasoir 
pour voir au cœur du fruit

le noyau noir
la vie n'est pas la vie
ni ce qu'on nous fait croire
la vie n'est pas la vie

ramenez le drap sur vos yeux
entrez dans le rêve
reprendre la vie des autres
où on l'a laissée
quand le jour s'achève

retrouver l'amour blessé 
celui qu'on n'avait pu vraiment laisser

retrouver l'amour blessé 
et découper le monde à coups de rasoir 
pour voir au cœur du fruit

le noyau noir
la vie n'est pas la vie
ni ce qu'on nous fait croire
la vie n'est pas la vie


entrez dans le rêve…

quand le jour s'achève…

retrouvez l'amour blessé…

découper le monde à coups de rasoir 
pour voir au cœur du fruit

le noyau noir
la vie n'est pas la vie
ni ce qu'on nous fait croire
mieux vaut le drap du désespoir

 

 

 

Insensible

 

Oui, insensible

Je suis resté quand elle m'avoua son amour

Immobile et froid

Je suis resté face à cet aveux désarmant

Pourquoi se demande-t-elle

Mais que fait-il non de dieu dans ce grand silence

Que pouvais-je dire

Que peut-on dire quand on aime plus

 

Maintenant comme elle est loin

Je reste seul et je pense au dernier regard

Vague perdu si triste

Oui je revois le chagrin dans son dernier regard

Pourquoi se demande-t-elle

Mais que fait-il non de dieu dans ce grand silence

Que pouvais-je faire

Que peut-on faire quand on aime plus

 

 

 

Le coup de Jarnac

 

Quel est ce deuil sur nos âmes

Un mammifère sur le chemin

Un impromptu immémorable

Dans l'antichambre du destin

Dans le pays quelle chamade

Pour la mort d'un florentin

Quel est ce deuil sur nos âmes

Quel est ce deuil qui nous tient

 

Charmé par le souci de l'âme

Comme Osiris, chacun vient

Toucher l'éventail de flammes

La truffe du labrador câlin

C'est ta nation, la communarde

Qui pleure à la fin du roman

Heure où chacun est de passage

Où se dénoue le grand tourment

Voilà le vertige peu banal

Du lièvre qui va à pas lents

Comme une idée où je voyage

Entre des lys étincelants

Ce soir, un peuple, seul à la table

Éprouve un désir très chrétien

Pour l'idée vierge, la clocharde

Que tu connais, que tu connais enfin

 

Quel est ce deuil sur nos âmes

Est-ce bien le deuil auquel tu tiens ?

 

 

Avalanche IV

(version originale de Leonard Cohen)

 

j'ai été pris dans l'avalanche
j'y ai perdu mon âme
quand je ne suis plus ce monstre qui te fascine
je vis sous l'or des collines
toi qui veux vaincre la douleur
tu dois apprendre à me servir

le hasard t'a conduit vers moi
pauvre chercheur d'or
mais ce monstre que tu as recueilli
ignore le faim ignore le froid
il ne recherche pas ta compagnie
même ici au cœur au cœur du monde

si je suis sur un piédestal
je le gravis seul
tes lois ne m'obligent à rien
ni fessée ni prière
je suis moi-même le piédestal
par cette marque hideuse qui te fascine

tu ne pourras vaincre la douleur
sans être généreuse
ces miettes que tu m'offres amour
ne sont que les restes de mes festins
ta douleur ici ne vaut rien
ce n'est que l'ombre l'ombre de ma blessure

pourtant vois comme je te désire
moi qui n'ai plus d'envie
vois comme partout je te chante
moi qui n'ai plus de désirs
tu penses m'avoir abandonné
mais je frémis encore quand tu soupires

ne mets pas ces haillons pour moi
je sais que tu es riche
ne m'aime pas aussi férocement
si tu ne sais plus ce qu'est l'amour
à toi de jouer allez viens
regarde j'ai revêtu ta chair

 

Marie-jeanne

 

C'était le quatre juin, le soleil brillait depuis le matin
Je m'occupais de la vigne et mon frère chargeait le foin
Et l'heure du déjeuner venue, on est retourné à la maison
Et notre mère a crié de la cuisine: "Essuyez vos pieds sur le paillasson !"
Puis elle nous dit qu'elle avait des nouvelles de Bourg-les-Essonnes
Ce matin Marie-Jeanne Guillaume s'est jetée du pont de la Garonne

Et mon père dit à ma mère en nous passant le plat de gratin :

"La Marie-Jeanne, elle n'était pas très maligne, passe-moi donc le pain.
Y'a bien encore deux hectares à labourer dans le champ de la caille."
Et maman dit: "Tu vois, quand j'y pense, c'est quand même bête pour cette
pauvre Marie-Jeanne
On dirait qu'il n'arrive jamais rien de bon à Bourg-les-Essonnes
Et voilà qu'Marie-Jeanne Guillaume vent de s'jeter du pont de la Garonne"

Et mon frère dit qu'il se souvenait quand lui et moi et le grand Nicolas
On avait mis une grenouille dans le dos de Marie-Jeanne un soir au cinéma
Et il me dit: "Tu te rappelles, tu lui parlais ce dimanche près de l'église
Donne-moi encore un peu de vin, c'est quand même injuste la vie
Dire que j'l'ai vue à la scierie hier à Bourg-les-Essonnes
Et qu'aujourd'hui Marie-Jeanne s'est jetée du pont de la Garonne"

Maman m'a dit enfin: "Mon grand, tu n'as pas beaucoup d'appétit
J'ai cuisiné tout ce matin, et tu n'as rien goûté, tu n'as rien pris
Dis-moi, la sœur de ce jeune curé est passée en auto
Elle a dit qu'elle viendrait dimanche à dîner... oh! et à propos
Elle a dit qu'elle a vu un garçon qui te ressemblait à Bourg-les-Essonnes
Et lui et Marie-Jeanne jetaient quelque chose du haut du pont de la Garonne"

Toute l'année est passée, on ne parle plus du tout de Marie-Jeanne
Mon frère qui s'est marié a pris un magasin avec sa femme
La grippe est venue par chez nous et mon père en est mort en janvier
Depuis maman n'a plus envie de faire grand-chose, elle est toujours fatiguée
Et moi, de temps en temps je 'vais ramasser quelques fleurs du côté des Essonnes
Et je les jette dans les eaux boueuses du haut du pont de la Garonne

 

 

Prière pour M...

 

Dieu des fleurs des ponts-levis
Dieu du rêve Dieu de l'ortie
Dieu des jeunes gens fugueurs
Amateur

Dieu de Sibérie
Dieu de la mélancolie
Dieu des peines de cœur
Laboureur

Dieu du jour Dieu de la peau
Dieu du masque Dieu du tombeau
Dieu des signes avant-coureurs
Dieu vengeur

Dieu des amants désunis
Dieu des larmes Dieu de l'oubli
Dieu du pigeon voyageur

 

 

Maculée conception

(co-écrit et interprété avec Harriet Roberts) 

 

Oh, Daddy sugar...

I don't know what's come over me

 

La corne du rhino

Le moi jusqu'au-boutiste

Sans goretex, hé ma fille

L'index peu génè

Hum ces gigots, ce collier

 

Oh, Daddy sugar...

I don't know what's come over me

 

C'est joli ce prénom de Marie

Tiens, prends ces neutrons dans ton nid d'abeille

La glissance est divine

Viens,

Le mucus est là,

Le mucus est là

 

Alors douce la bite de Dieu dans le corps de la mère du Christ 

 

 

 

Cartier-Bresson

 

Bas de ville à New York
Chauffeur de taxi à Berlin
Quai Saint-Bernard à Paris
Derrière la gare Saint-Lazare
Crémation de Gandhi
Colette et sa dame de compagnie
Funérailles d’un acteur de Kabuki
Messe de minuit à Scanno en Italie
Hudson et Manhattan
Forteresse Pierre et Paul
Irène et Frédéric Joliot-Curie

J’aime le photographe
et son Leica dans la jungle des vies
où nul laisse de trace
sous le regard de Cartier-Bresson
aux destins perdus je trouve une raison

Avenue d’Alésia
Où Giacometti se protège de la pluie
Un résistant au bord du Rhin
en 44 mort au petit matin
Les arènes de Valence
Prostituées d’Alicante
Pour les gitans de Grenade
Pour les enfants de Palerme
Pour les amants de Séville

J’aime le photographe
et son Leica dans la jungle des vies
où nul laisse de trace
sous le regard de Cartier-Bresson
aux destins perdus je trouve une raison

Et l’Histoire fait sa vie
avec ses milliers de petits
qui gémissent
qui sourient
Partout on trouve des prisons
L’Homme tourne en rond
son destin à l’abandon

 

 

Il pense à son corps

 

Il pense à son corps

En dévalant les pentes enneigées du confort

Il pense au jour béni de ses quinze ans

Au voile éphémère de rosée à l'aurore

Même si l'amour est important

Je sais bien que ce soir tout lui est indifférent

Il pense à son corps

 

Il pense à son corps

Ce joyau chéri comme un unique trésor

Il sent son cœur floué et comme un enfant

Par le temps perdu à le protéger de la mort

Même si l'amour est important

Je sais bien que ce soir tout lui est indifférent

Il pense à son corps

 

Oh, qu'attends-tu

Dans une jeunesse éternelle

Oh, t'attends-tu

A desserrer l'étreinte cruelle

 

Il pense à son corps

Il rejoint les chevaux légers du remords

Par le caprice la neige et le tourment

Il rejoint sa haute vallée du Mont-d'or

Même si l'amour est important

Je sais bien que ce soir tout lui est indifférent

Il pense à son corps

 

Oh, qu'attends-tu

Dans une jeunesse éternelle

Oh, t'attends-tu

A desserrer l'étreinte cruelle

 

 

En amour

 

en amour 
tout commence par des chansons
tout finit par du chagrin 
en amour 
le cœur a parfois ses raisons 
des raisons qui ressemblent au désespoir 

en amour 
ça commence par des chansons 
ça finit toujours par des chagrins 
les amants du bout de la nuit 
n'ont plus qu'un souci 
celui d'oublier 

pour t'aimer 
je m'enroulerai 
comme un grand vaisseau 
aux houles du cœur 

en amour 
tout commence par des chansons 
tout finit par du chagrin 
en amour 
ça commence par des chansons 
ça finit toujours par du chagrin 

au printemps 
lilas malheureux 
fleuris pour nous deux 
nous ressemblerons 

tu vivras 
tant que je vivrai 
et je m'enroulerai
aux houles du cœur

en amour...
 
en amour
le cœur a parfois ses raisons
des raisons qui ressemblent au désespoir

 

J'ai un cœur trop laid

 

j'ai un cœur trop laid
qui souvent m'effraie
sans en être inquiet
et le temps s'en va
et je n'ai rien fait
sans confiance je vais

j'ai trop musardé
perdu mon temps
j'en attends paiement
si dans sa bonté
la fleur de pureté
n'apaise son fils

mon cœur est trop vain
et vil et vilain
et gai volage
oh il n'est pas saint
il est faux il feint
plein de grands outrages

il est insensé
pauvre pensée
et mauvais usage
malheureux plaintif
paresseux et lourd
un obscur ombrage

oh c'est être fou
d'emprunter beaucoup
fou de ne rien rendre
il me trompe souvent
reçoit des présents
comme il se méprend

il sait s'amuser
et rire et jouer
et perdre son temps
mais il est incapable
de vraies larmes
et de vraies prières

il veut peut veiller
prendre peu de peine
craint la pauvreté
il veut peut prier
se récompenser
sans le mériter

Dieu que ferai-je
et comment payer
au jugement dernier
comment expliquer
au juge le vrai
au roi de justice

il n'est nul recours
si je n'obtiens pas
à ce tribunal
que la mère du roi
prie alors pour moi
dans sa grande bonté

hélas comment
et par quelle audace
réclamer son aide
quand sciemment
et mauvaisement
je l'ai si mal servie

oh je m'enhardirai
et je lui dirai
très douce Marie
je m'amenderai
et vous servirai
toute ma vie

à vos pieds je mets
mon cœur mutilé
noble trésorière
rendez-lui la santé
vous qui détenez
les clés de la pitié

très noble palmier
très doux olivier
plein de médecine
très gracieux rosier
et doux églantier
dépourvu d'épines

délicieux cyprès
qui répand partout
une odeur si fine
purifiez mon âme
et maintenez-la
en votre doctrine

très sainte clarté
qui aux égarés
montrez le chemin
ne m'abandonnez pas
oui j'aurais assez
si je vous avais

étoiles de la mer
de mon cœur endurci
ne soyez pas dures
veuillez l'amener
à vous bien aimée
belle et douce mère

par dieu écoutez
ne soyez pas
envers moi si dure
j'attends la clarté
j'attends la lumière
dame très sage très chère

 

 

Le verrou

 

Tous nous porte à frémir

Au désir, au plaisir

A lever le verrou

Qui nous retient de tout

Dans la peau d'un bagnard

Tout nous pousse à vouloir

Vouloir battre les grains

De beauté du destin

 

Des pontons des marais

Tout nous pousse à pleurer

A endosser la peau

D'un poisson, d'un oiseau

Par nos gorges étranglées

Tout nous porte à chanter

 

Tout nous porte à frémir

Au désir, au plaisir

A pousser le verrou

Qui nous sépare...

 

 

Cavalier seul

 

J'ai le cœur au comble de la rage

En cavalier seul

Je voudrai jouer du poignard

En cavalier seul

Les rêves me blessent le corps

Dans cette masse indifférente

Où on me jure obscur et fade

En cavalier seul

Tête baissée sur l'adversaire

En cavalier seul

 

Égocentrique et dépravé

En cavalier seul

Comme un forgeron de village

En cavalier seul

Sous la cendre de mes semblables

Je n'vois pas de secrets charmants

Je sens la profonde tristesse

Du cavalier seul

Mais aucun muscle ne doit trahir

Un cavalier seul

 

Nu sur la jument infidèle

En cavalier seul

Comme un cosaque résigné

En cavalier seul

Ivre d'orgueil le sort fixé

Dans l'ornière de chair et de fleur

Je suivrais la rigole noire

En cavalier seul

Des gouttes froides sur la gorge

En cavalier seul

 

Nu dans le souffle de vos pestes

En cavalier seul

Caressé par les dieux volages

En cavalier seul

Comme un poison dans chaque coupe

Gitan ivrogne et étranger

En cavalier seul

Nu sur mon cheval de guerre

En cavalier seul

 

Je dis de mes lèvres souillées

En cavalier seul

Des yeux sur la beauté des femmes

En cavalier seul

Devant ma mort que faites vous ?

 

 

Cuit

 

Donne-moi donc un conseil camarade

Mon frère hier tout triste paraissait

Je fis venir craignant qu'il fut malade

Un grand docteur pour voir ce qu'il avait

Dis-moi l'ami dis moi si j'ai bien fait

Quand il n'aurait qu'un tout petit délire

V'la la méd'cine à côté de son lit

Hélas mon cher je n'ai plus rien à dire

Il est à moitié cuit

Des scélérats ayant suivi la trace

Certain bandit depuis une heure brûlait

Déjà chacun abandonnant la place

Tranquillement chez lui s'en retournait

Et sur son sort jasait ou jabotait

L'avez vous vu demandait une commère

Il souffre encore à ce que l'on m'a dit

Rassurez vous lui répond-on la mère

Il est à moitié cuit

L'Amour pleurait la Reine de Cythère

Lui demanda qu'as-tu donc mon cher fils

Hélas maman j'pleure des tours que mon frère

C'coquin d'hymen joue à mes favoris

En les rangeant sous le drapeau des maris

Voilà Pierrot le coq de son village

Qui m'fêtait jusqu'à dix fois par nuit

Depuis huit jours il s'est mit en ménage

Il est à moitié cuit

Dans l'paradis lorsque l'premier des hommes

D'un certain fruit s'fut montré l'amateur

Le Tout-Puissant qui tenait à ses pommes

Par le toupet saisissant le voleur

S'mit à crier dans sa mauvaise humeur

Va-t-en rôtir dans l'infernale flamme

Et puis après se ravisant il dit

Ben laissons-le j'y fais cadeau d'une femme

Il est à moitié cuit

Un chansonnier chose extraordinaire

Venait de succomber d'une indigestion

Un ange, un diable à son heure dernière

Comme il mourrait sous l'absolution

Se disputaient pour sa possession

Ah ç'en est fait dit l'ange je détale

Lui que j'estimais comme un pauvre d'esprit

Il est l'auteur d'un chanson libérale

Il est à moitié cuit

 

 

C'est pour le bonheur

 

C'est pour le bonheur que je suis née

Et ton cœur n'y pourra rien changer

C'est pour le bonheur que je suis née

Le bonheur promise et mariée

 

Que tous les naufrages que tous les sentiments,

Laissent sur le visage les belles traces du tourment

Et dans chaque émoi, autant qu'il se peut,

Essaye de garder ton cœur heureux

 

Moi, c'est pour le bonheur que je suis née

Et tes pleurs n'y pourront rien changer

C'est pour le bonheur que je suis née

Pour la bonne humeur pour la gaieté

 

Que les troubadours, que les valets de cœur,

Chantent leurs chansons à vous déchirer le cœur

Je reste en amour comme Madelon la noble ouvrière de Cupidon

 

C'est pour le bonheur que je suis née

Le bonheur promise et mariée

C'est pour le bonheur que je suis née

Et tes larmes n'y pourront rien changer

 

Voulez-vous reprendre ma chanson

C'est pour le bonheur que je suis né


 

Mon frère d'Angleterre

(reprise de Bourvil)

 

mon frère arrive d'Angleterre
au train de quatre heures et demi
passer huit jours et se distraire
c'est bon parfois l'air du pays
paraît qu'là-bas il y a des brumes
alors nous on a mis des fleurs
ça fait joli et ça parfume
et puis ça rend de bonne humeur
papa a mis son beau costume
maman ressemble à une mariée
moi peu à peu je m'accoutume
à mon faux-col et mes souliers

mon frère est plus doué que moi
pour suivre des études
il faut des aptitudes
des dons que je n'ai pas
mon frère d'Angleterre

il faut le voir parler à table
nous on se tait c'est plus normal
ce qui ce passe dans une étable
ce n'est pas très original
originale c'est la manière
qu'il a de regarder Suzy
Suzy a tout l'air de lui plaire
et c'est ça qui me réjouit

je me faisais un peu de bile
j'avais peur qu'il ne veuille pas
de Suzy dans notre famille
on doit s'épouser dans trois mois

mon frère il a de l'instruction
et de l'éducation
c'est quelqu'un de très bien
et puis je l'aime bien
mon frère d'Angleterre

comme c'est court une semaine
chacun le dit à la maison
moi ça me fait beaucoup de peine
mais j'ai trouvé le temps trop long
depuis le jour où la luzerne
s'est couchée en-dessous Suzy
le pire c'était qu'sur la luzerne
mon frère était couché aussi
ils n'ont rien su et puis quoi dire
en Angleterre c'est loin là-bas
mon frère repart il doit s'instruire
Suzy aura besoin de moi

mon frère retourne en Angleterre
et moi je reste ici
sur ma bonne vieille terre
avec Suzy
on parlera... de toi
mon frère d'Angleterre


Tomber sous le charme

(texte de Louise Féron)
 
comme le funambule 
casse son balancier 
et pour défier le sort 
marche les yeux fermés 
je regardais sans voir
les pendules arrêtées 
j'avais perdu la trace


des mots sur le papier

je soufflais sur le noir
de mes encriers
j'avais les joues les yeux
et le cœur barbouillés
j'avais plus mal nulle part
je dormais sans rêver
je suivais sans y croire
le fil de mon histoire

tomber sous le charme

j'ai dépassé la limite
des doses prescrites
sans jamais approcher
des paradis promis
je courais bien trop vite
pour tomber
toi seul a su
me rattraper

tu m'as capturé
dans la lumière crue
comme on relève
un guerrier fourbu
tu m'es venue
quand je n'y croyais plus
comme un sanglot
trop longtemps retenu

tomber sous le charme
viens je vais tomber

découvrir surpris
de l'eau sous mes cils
revoir ma vie
quitter ses rails
goûter sur ta peau
le temps retrouver
et tout oublier chère Louise
tout oublier

tomber sous le charme
je vais tomber
viens je vais tomber

Regrets

(texte de Mylène Farmer)

 

Loin très loin du monde

Où rien ne meurt jamais

J'ai fait ce long, ce doux voyage

 

Nos âmes se confondent

Aux neiges éternelles

L'amour cachait son vrai visage

 

Oh viens ne sois plus sage

Après tout qu'importe

Je sais la menace des amours mortes

 

Gardons l'innocence

Et l'insouciance

De nos jeux d'antan, troublants

 

N'aie pas                                     Viens ce soir

De regret                                     Viens me voir

Fais-moi confiance, et penses

A tous                                         Viens t'asseoir  

Les no-way                                 Près de moi

L'indifférence des sens

N'aie pas                                     L'aube est là

De regret                                     Reste là

Fais la promesse, tu sais que        Je te promets

L'hiver et l'automne                      D'être là

N'ont pu s'aimer                           Pour l'éternité

 

Debout la tête ivre

De rêves suspendus

Je bois à nos amours infirmes

 

Au vent que je devine

Nos lèvres éperdues

S'offrent des noces clandestines

 

N'ouvre pas la porte

Tu sais le piège

De tous les remords, de l'anathème

 

Je me fous des saisons

Viens, je t'emmène

Là où dorment ceux qui s'aiment

 

 

 

Un singe en hiver

 

Je suis rentré d'Indochine hier matin

J'ai rapporté des dahlias et du jasmin

J'y ai laissé ma jeunesse et ma moto

Je suis rentré d'Indochine

 

Sur la piste Ho Chi Minh j'aurais dansé

En l'honneur du Viêt Minh j'aurais fumé

Je suis rentré d'Indochine hier matin

J'ai rapporté des dahlias et du jasmin

 

Bob Morane est descendu

Brigitte Bejo entendue

Voilà un singe en hiver

J'entends plus les hélicoptères

 

Je suis rentré d'Indochine et j'ai trouvé

Une vie bien trop facile bête à crever

J'ai déposé mes dahlias et mon jasmin

Je suis reparti j'ai dit salut je vais voir plus loin

 

Plus loin c'est toujours l'Indo que j'ai trouvé

Partout c'est l'Indo ma vie ça on le sait

Et depuis je pars toutes les nuits

Je dépose un dahlia aux pieds de nos vies

 

Bob Morane est descendu

Brigitte Bejo entendue

Voilà un singe en hiver

J'entends plus les hélicoptères

 

 

Quand femme rêve

 

Quand femme rêve, un cerf-volant

Fort sous la neige, docile au vent

Un attelage, un traîneau

Passe au plus près de ma peau

 

Toujours l'entraîne le goéland

Le cœur en peine, vers Ouessant  

L'entraîne le goéland

Là-bas vers Ouessant

 

Prince de Clèves rue Corvisart

Prisonnier d'elle sous un hangar

Où elle extrait la moelle de mes os

Comme fait busard au louveteau

 

Pour du bonheur à partager

Elle prends mes "je t'aime", mes baisers

Comme grand lézard là-haut

Elle boit mon sang comme l'eau

 

Toujours l'entraîne le goéland

Le cœur en peine, vers Ouessant  

L'entraîne le goéland

Là-bas vers Ouessant

 

Quand femme rêve, un cerf-volant

Fort sous la neige, docile au vent

Un attelage, un traîneau

Passe au plus près de ma peau

 

 

C'est à Paris

 

C'est à Paris dans la rue Saint-Denis

Que me vint l'appétit, comme un chat pour hirondelle

L'amour m'affame  aujourd'hui

Comme à Paris

 

C'est à Paris, sevré de jalousie

Que son corps ennemi me sembla soudain cruel

Il me tient à sa merci

Comme à Paris

 

De Clichy à Odéon

J'ai tant et tant jeté de ponts

Pour enjamber nos vies

Comme à Paris

 

Rue d'Ouessant, de Saïgon

Le corps parcouru de frissons

Par les chemins maudits

J'atteints Paris

 

C'est à Paris, que je fuis chaque nuit

Étranger à l'oubli, dans ma mémoire infidèle

La vraie passion de ma vie

Dors à Paris

 

De Clichy à Odéon

J'ai tant et tant jeté de ponts

Pour enjamber nos vies

Comme à Paris

 

Rue d'Ouessant, de Saïgon

Le corps parcouru de frissons

Par les chemins maudits

J'atteints Paris

 

C'est à Paris dans la rue Saint-Denis

Que me vint l'appétit, comme un chat pour hirondelle

La vraie passion de ma vie

Dors à Paris

 

De Clichy à Odéon

J'ai tant et tant jeté de ponts

Pour enjamber ma vie

Comme à Paris

 

Rue d'Ouessant, de Saïgon

Le corps parcouru de frissons

Par les chemins maudits

J'atteints Paris

 

 

 

Ophélia

 

On dit que s'en vont
les rires et les je t'aime
que c'est naturel
que ceux qui vivront
d'amour et de pardon
auront toujours raison

Si le temps nous sépare
éloigne le fruit gâté
le citron de la rhubarbe
qui peut bien décider ?

Route pavée de pluie
noyée comme est le lit
le lit de la rivière
Que la mélodie
d'un frisson nous emporte
au loin nous déporte

Que le fond des choses est doux
est doux comme un satin
quand la rosée y dépose
ton odeur de jasmin

Que la mélodie
creuse creuse son lit
comme creuse la rivière
Redonne vie
à l'étoile sanguine
au grand mystère

Dans le grand funiculaire
sous terre, je descends
pour voir au fond des choses
si ressurgit le temps

 

 

La belle vie

 

J'ai connu pour un temps assez court

Quelque chose qui ressemble à de l'amour

Une voix douce comme le miel

Qui me suit jusque dans mon sommeil

 

Une promesse et un battement de cil

Et on se croirait presque indivisible

C'est peut-être parce que c'est éphémère

Qu'on s'arrache à ce morceau de rêve

 

J'y pense comme je respire

Peut-être même encore pire

Même mille fois maudite

J'y pense comme je respire

 

Et surtout il est bon de sentir

Qu'en effet pour ce monde intangible

Pour un peu on se dirait presque

Qu'on a la belle vie quand même

 

 

 

Ceux qui cachent ce qu'ils n'ont pas

 

On les voit tenir le haut du pavé
On les voit sourire, ils nous font gerber

Ceux qui cachent si bien ce qu'ils n'ont pas

Ceux qui cachent si bien ce qu'ils n'ont pas

On les voit matin prendre par la rue
Tous ces tristes engins, trop vus, trop connus,

Ceux qui cachent si bien ce qu'ils n'ont pas

Ceux qui cachent si bien ce qu'ils n'ont pas

 
Ils manquent d'amour mais jamais d'allusion, oh ça non,

Pensent que nos discours nous font des vies de con

Ceux qui cachent si bien ce qu'ils n'ont pas

Ceux qui cachent si bien ce qu'ils n'ont pas

 
Ils savent nous mettre dans l'embarras
Un coup je t'ai vu, un coup j'te vois pas

Ceux qui cachent si bien ce qu'ils n'ont pas

Ceux qui cachent si bien ce qu'ils n'ont pas


Vous dire je t'aime, vous n'y pensez pas !
Seule indifférence, elle se barrera

Ceux qui cachent si bien ce qu'ils n'ont pas

Ceux qui cachent si bien ce qu'ils n'ont pas


Quelle garce tu fais, douce Deborah
A me refourguer ce que tu n'as pas
Celles qui cachent si bien ce qu'elles n'ont pas

Celles qui cachent si bien ce qu'elles n'ont pas

Voudraient tous nous voir perdre la raison

Ils nous veulent une vie belle comme un canon
Ceux qui cachent si bien ce qu'ils n'ont pas

Ceux qui cachent si bien ce qu'ils n'ont pas


 

Kitty Cathy

 

Cathy a pensé

Cathy a dit : "que fais -tu là ?"

Cathy a rêvé

D'une chose de l'au-delà bas

Cathy a voulu puis a repris un verre

Cathy a pris son parapluie

Cathy a pleuré

 

Kitty Cathy ah

Kitty Cathy ah

Des choses entre soi

Cathy n'en parle pas

Des envies contrariées

Cathy ne peux parler

 

Cathy a perdu

Cathy nous a pensé sans suite

Cathy a boudé

Cathy s'est agacée sous mes doigts

Cathy a voulu puis a repris un verre

Cathy a pris son parapluie

Cathy a pleuré

 

Kitty Cathy ah

Kitty Cathy ah

Des choses entre soi

Cathy n'en parle pas

Son plaisir entravé

L'empêche de danser

 

Kitty Cathy ah

Kitty Cathy ah

Des choses entre soi

Cathy n'en parle pas

Son plaisir entravé

L'empêche de danser

 

 

 

Saïdia 
Texte d'après Zohra Drissi

Il y a dans le Nord du Maroc
Au bord d'la Méditerranée
Un passé, solide comme un roc
Le souv'nir de mes jeunes années

Les journées coulaient sur cette plage
Ouverte sur le monde entier
Nous pratiquions la même nage
Celle du bonheur partagé

Il fleurissait dans les ruelles
Des soldats et des mitrailleuses
L'enfance jouait à la marelle
L'innocence n'est jamais peureuse

La fin des prières de Papa
Remplaçait le réveil matin
Hemmem perché sur la Djema
Savait rassembler tous les miens

Parfois d'odorantes épices
Rendent mes souv'nirs parfumés
Des repas, d'amitiés complices
Groupés sur des coussins dorés

Oh, les belles nuits sous les étoiles
Passées aux perrons de nos portes
L'Afrique nous levait son voile
Nos voix n'étaient pas langue morte

Aujourd'hui j'ai changé de terre
Comme on peut changer de soulier
Mes pas ont franchi la frontière
A côté de mon cordonnier

Il me reste de Saïdia
La vie en album de photos
Des djellabas, des hachebas
Crochées à mon porte-manteaux

Je me souviens de Saïdia.
 

 

 

L'orage

 

Quand l'orage est passé

Sur le genévrier

Sur le lilas violet

De nos amours rêvés

La nature nous tient dans un nouveau désir d'aimer

Quand l'orage est passé

 

Quand l'orage est passé

Sur mes sombres pensées

Sur tous les feux follets

De nos amours rêvés

La nature nous tient par dix mille nouvelles beautés

Quand l'orage est passé

La nature nous tient par dix mille nouvelles beautés

Quand l'orage est passé

 

Je ne suis pas du genre à finir avant d'avoir commencé...

 

Quand l'orage est passé

Lambeaux de cerisier

Blanche ortie, blanc pommier

De nos amours rêvés

Quand l'orage est passé

La nature nous tient dans un nouveau désir d'aimer

Quand l'orage est passé

La nature nous tient par dix mille nouvelles beautés

Quand l'orage est passé

 

 

Dieu des amours

 

À toi parti sans dire un mot
Je voudrais crier : « Quel salaud ! »
Je ne peux pas mon âme sœur
Tout reste intact dans mon cœur

À toi parti sans crier gare
Tu empoisonnes ma mémoire
Aimer n'est donc qu'affaire de mots
Pour toi qui es parti sans un mot

Ô mon amour
Dieu des amours
Ô mon amour, aide-moi

Ô mon amour
Dieu des amours
Ô mon amour, aide-moi

À toi parti sans dire un mot
Me voilà sans plus d’idéaux
Mon corps de femme abandonné
Ne croit plus au bonheur d’aimer

Rejetée au mépris sans nom
Je méprise désirs et chansons
Je crois sans cesse retrouver
Les simples mots qui t’ont manqué

 

 

La prière  

 

Que Dieu me garde d'être un triste sujet du temps

Que Dieu vienne choyer son enfant

Que Dieu veuille agréer je dis pour ma fille aimée

Que Dieu vienne choyer mon enfant

 

Par la volonté de l'Homme

Toute grâce toute beauté

Je veux qu'un feu embrase son âme

Dieu veuille nous garder

 

Que Dieu me garde d'être un triste sujet du temps

Que Dieu vienne choyer son enfant

Que Dieu veuille agréer je dis pour mon fils aimé

Que Dieu vienne choyer cet enfant

 

Par la volonté de l'Homme

Toute grâce toute beauté

Je veux qu'un feu embrase son âme

Dieu veuille nous garder

 

 

 

 

AU PRECIEUX MONDE SANS NOM

 

Au précieux temps du jouir

Au précieux monde sans nom

Près de la fontaine aux soupirs

A la source de mes chansons

Par la sente humide à mourir

Hum....

Au précieux temps du jouir

Au précieux monde sans nom

 

Au glorieux temps sans pareil

A l'amour de grand talent

Cavalant de nuit des mamelles

Au détour le plus élégant

Aussitôt au ventre accueilli

Hum....

Reliquaire noir de ma vie

Au précieux monde sans nom

 

A vous qui vivez en aimant

Vous qui allez les yeux crevés

Grisés haut l'amant des amants

A vous je demande pardon

Pauvres fous d'amour humiliés

Hum....

Amour mort emmène mes yeux crevés

Au précieux monde sans nom

 

Triste Isolde va de beauté

Dans ce triste soir finissant

Tristan va de grâce empêcher

Au pays du grand châtiment

Qui peut renoncer à aimer

Hum....

Qui peut renoncer aux présents

Du précieux monde sans nom

 

 

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