Tristan

01 La légende dorée
02 L’amour en fuite
03 Mousse noire
04 L’hermine
05 Chante bonheur
06 Tel est pris
07 Les voyageurs perdus
08 Dame souveraine
09 Il faut s’en aller
10 Marlène
 

 

 

 

La légende dorée

Dans un tout d’asphodèle

Dans un ramage d’or

Tournent tournent mille lèvres

Qui me parlent de mort

Tarentule nouvelle

A moi Reine des prés

Dans la chose isocèle

Je ne fais que passer

 

En chanson triste peine

Passent passent mes jours

Qui du haut m’interpelle

Qui appelle à la tour

J’emprisonne le thème

En légende dorée

Peu de joie peu de peine

Je ne fais que passer

 

Tous entonnent à voix basse

La fin de ma chanson

Chanson riche en bergères

En pucelles sans nom

Viens donzelle bavarde

Viens m’offrir ta peau

Dieu m’a prié de boire

D’avaler le joyau

 

Arrogante femelle

Paradis de ces jours

Intrigante mortelle

Qui m’appelle à la tour

En légende dorée

J’emprisonne le chant

Qui prie mon muscle doux

De lui faire un enfant

 

Au bénitier de miel

Où je porte mon feu

Va ma plaie dans la tienne

Je m’y brûle les yeux

En vitesse infinie

Qui me fait en tout lieu

Soleil mélancolique

Je me prête à ce jeu

 

Hydre froide mortelle

En sombre destinée

Au triangle isocèle

Je ne fais que passer

Chevelure enflammée

Ivre de sentiments

Ton ennui de mortel

M’aura fait inconstant

 

Imprenable repère

Ohé Dame du jour

Qu’on me livre aux Enfers

Oui, je ne suis qu’amour

Infernale maîtresse

Reine des destinées

Au triangle isocèle

Je ne fais que passer

 

Souriceau de cathare

Tout fait de séduction

Viens ma Louve d’orage

Viens prendre ma raison

Voilà quelques images

De ma vie de troubadour

La cruelle pavane

La ronde de mes jours

 

 

L'amour en fuite

On aime cogner sans suite

A la porte du bonheur

On engage la poursuite

On prend le chemin du cœur

Personne ce soir au gîte

On rappelle l’ascenseur

L’amour est toujours en fuite

 

Au dessus des Dolomites

On croît voir le bonheur

On engage la poursuite

On ravale mille pleurs

Comme un renard sous le givre

Cavalant de-ci de-là

L’amour est toujours en fuite

 

Pris par le vent du large

On va sans fin vers l’horizon

Tout bouffi de mémoire

On ne retient pas la leçon

Perdu dans la mémoire

A la recherche de ton nom

On s’assomme au miroir

Au rendez-vous que nous donne la déraison

 

C’est un sentiment mobile

Qui redoute le trépas

Cavalier de l’impossible

Partout il entend le glas

Ne sont rien les coups de triques

Dans tes alcôves givrées

L’amour est toujours en fuite

 

Patronnesse au cœur stupide

Idée équipée d’un con

Sombre garce des tropiques

Maîtresse de ma chanson

J’ai voyagé sur ton site

Tu changes mille fois de nom

L’amour est toujours en fuite

 

Je vogue autour du monde

Dans mon humeur de fin d’été

Je nargue la camarde

Je me fais le pari d’aimer

Perdu dans ma mémoire

A la recherche de ton nom

Je m’assomme au miroir

Au rendez-vous que me donne la déraison

 

 

Mousse noire

Flot amer au gosier d’amant

Dans la boue qui va pataugeant

Doux Colin foutez donc Margot

Rien ne sais je t’ai dans la peau

 

Tout ça porterait à rire

Si il n’y avait le désir

A la porte dorée de mon cœur

Tout ça porterait à rire

Si il n’y avait le plaisir

Mousse noire de mon malheur

 

Dans mon âme s’égarent les loups

Noir chagrin garde à demi-fou

Ton orgueil téton sacré

Fait mon deuil à la nuit mêlée

 

Tout ça porterait à rire

Si il n’y avait le désir

A la porte dorée de mon cœur

Tout ça porterait à rire

Si il n’y avait le plaisir

Mousse noire de mon malheur

 

Comment faire qu’aurais-je manqué

Quelle aurore m’aura trompé

Sans repos au fond du jardin

Tu me fais un sort inhumain

 

Tout ça porterait à rire

Si il n’y avait le désir

A la porte dorée de mon cœur

Tout ça porterait à rire

Si il n’y avait le plaisir

Mousse noire de mon malheur

 

Quand se mêlent sourires aux pleurs

Au verger règne ton odeur

Tendre nonne

Nonne aux seins gonflés

Ma merveille

Ma tant aimée

 

L'hermine  

J’ai perdu mon hermine

Et de rage je dis

I wanna kill you

I wanna kill you all

 

Enfin tout lasse

Leave me alone

Enfin tout passe

Leave me alone

 

Je suis au désespoir

Et de rage je dis

I wanna kill you

I wanna kill you all

 

Enfin tout passe

Leave me alone

Enfin tout lasse

Leave me alone

 

Chante bonheur

Chaque jour

Chaque jour passé

Est un jour

De bonheur

De gaité

Chaque jour

Chaque jour enfin

Est un astre

A demi qui s’éteint

 

Brise enfance

Les vérités

Qui tiennent ton cœur

Dans la pauvreté

Monte vague

Au sommet du jour

Eclabousse-nous

D’éternel amour

 

Chante bonheur

L’amour va passer

Chante bonheur

Au monde entier

Chante bonheur

Au vent mauvais

 

Par le cœur

De ton aimée

Tout sépare le bon grain

De l’ivraie

Par son âme

De pur-sang

Tout cavale

Contre l’armée

Du temps

 

Court enfance

Vers l’hydravion

Vers le serpolet

Vers la déraison

Monte vague

Au sommet du jour

Eclabousse-nous

D’éternel amour

 

Chante bonheur

L’amour va passer

Chante bonheur

Au monde entier

Chante bonheur

Au vent mauvais

 

 

Tel est pris

S’en vont mes mots tous en vain jetés au vent

Tant se languit ton trop loyal servant

Maigres amours finiront toutes en chansons

Cruel amour par tes cruelles façons

 

Tel est pris au bonheur d’aimer

Tel est pris au malheur...

 

Mon cœur d’hiver tremble encore sous ta prière

Par devant toi j’oubliais tant ma misère

Corps aveuglés tout nous cache la beauté

Cruel amour qui ne s’ouvre qu’à moitié

 

Tel est pris au bonheur d’aimer

Tel est pris au malheur...

 

Demeure close, tombe grêle à tes tétines

Cruelle chose au pressoir cruelle fille

Tu m’as donc fait si insensé si furieux

Vaine crevasse que j’en insulte les cieux

 

Tel est pris au bonheur d’aimer

Tel est pris au malheur...

 

Les voyageurs perdus

Tu quittes mon amour

Je suis mort

Tu ne m’aimes plus

Tu quittes triste jour

Tu retournes aux nues

 

Tu quittes mon amour

Déjà je ne suis plus

Qu’un oiseau de passage

Qui retourne aux nues

 

Nous quittons

Prisonniers de ce qui n’est plus

Orphelins de chair si confus

Nous les voyageurs perdus

Nous quittons

Vivons au hasard des rues

Pleurant ce qui jamais ne fut

Nous les voyageurs perdus

 

Tu quittes mon amour

Grand malheur est donc advenu

Tu quittes triste jour

Tu retournes aux nues

 

Tu quittes mon amour

Déjà je ne suis plus

Qu’un embrun de passage

Qui retourne aux nues

 

Nous quittons

Prisonniers de ce qui n’est plus

Orphelins de chair si confus

Nous les voyageurs perdus

Nous quittons

Vivons au hasard des rues

Pleurant ce qui jamais ne fut

Nous les voyageurs perdus

 

 

Dame souveraine

Malheur est advenu

Adieu chants légers

Quand se meurt de désir

L'amant oublié

Adieu joie de fontaine

Tout m'est incertain

Ainsi à ceux qui aiment

Seul souffrir convient

 

Tout me porte à aimer

Tel est mon destin

Tout me mène à son gré

De lait et de vin

Allant si démuni

En peine endurée

Tout se vantent d'aimer

Moi seul le sait

 

Où es-tu amour ?

 

Reviens beauté entière

Au dernier baiser

Est-ce boire la mort

Que de tant t'aimer

Enchante ma sirène

Tel est mon désir

Ma chanson ton chant

Voudrait retenir

 

Aimer une louve

Dois-je m'en blâmer

Faut-il que ma chanson

N'ait rien d'insensé

Tout au tremblant désir

Où naissent les lys

Unique secours

Vient me faire mourir

 

Où es-tu amour ?

 

 

Il faut s'en aller

Il faut surprendre

La peine immense

Amour

Il faut y penser

Au désespoir

Il faut vouloir

Aimer

Il faut y penser

 

Dans les bois noirs

De la mémoire

Quand l'amour

S'en est allé

Seul au grand feu

Des regrets

Il faut s'en aller

 

Au grand calice

Comme un grand lys

Incline amour

Il faut s'en aller

Seul au miroir

Dans le grand soir

Des ombres

Il faut se lever

 

Il faut savoir

Dans le grand soir

Quand l'amour

S'en est allé

Seul au grand feu

Des regrets

Il faut s'en aller

 

 

Marlène

Dieu quelle sainte face

Viendrais-tu m'annoncer l'Evangile

Suis-je pour votre grâce tout orage

Suis-je tout crime

 

Chaque jour dans ma tête

Viendra jaillir la fontaine de pleurs

Que nos âmes étaient belles

Par quel outrage ai-je perdu ma valeur

 

Marlène

 

Dans les Cieux sans lumière que fais-tu là

Précédée d'une croix

Dieu quelle est ta sentence

Voudrais-tu dire que tu ne m'aimes pas

 

Voilà la faux du temps, cuisses entr'ouvertes

Dis, comme tu y vas

Plus prompte que l'éclair

Tout ça pour dire que tu ne m'aimes pas

 

Marlène

 

Partout je te poursuis amour constant

Et partout tu me fuis

Tout au songe qui passe

Au savoir faire d'une croix d'apprenti

 

Sous le nom de plaisir

Peux-tu me dire qui égara tes pas

Troublante créature, où me cacher

Je ne voyais que toi

 

Marlène

 

J'ai pêché oui, je pleure

Tremble et frissonne en lugubres accents

Je suis cent fois puni d'avoir oublié la leçon

 

Ma cyprine céleste

Près du cercueil que devient la beauté

Vous périrez ma chère

Peut-être même m'entendrez-vous chanter